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Romane Bohringer dans Vic + Flo ont vu un ours
4 septembre 2013

Vic + Flo ont vu un ours

Véronique LE BRIS / Non classé cabane à sucre, érable, isolement, Marc-André Grondin, prison, Québec, Romane Bohringer, vengeance / 0 Comments

Surtout ne pas se fier au titre. Il a la légèreté d’annoncer une comédie décalée (ce qui n’est pas du tout le cas), voire une bluette enfantine (ce qui l’est encore moins), sans parler de la référence animale qui pourrait faire songer à une fiction animalière (n’y pensez même pas !).

Fausse piste

Vic et Flo est une tragédie, une vraie qui se passe au fond d’une érablière québécoise, dans et autour d’une cabane à sucre. Pour ceux qui l’ignorent, la cabane à sucre est un lieu de fête, très fréquentée au printemps quand on récolte la sève des érables pour en faire du sucre. Tout le monde y va, goûter au dernier crû, rouler des sucettes de sirop d’érable dans la neige, la fameuse « tire ». C’est une des traditions les plus vivaces du Québec et une des plus joyeuses, des plus familiales aussi.

Romane Bohringer dans Vic + Flo ont vu un oursRien de tout ça ici. Vic, pour Victoria, sort d’une longue peine de prison et se réfugie dans la cabane à sucre de son oncle. Elle compte y finir ses jours, isolée de tout et de tous. Enfin, de presque tous, puisque Florence (Romane Bohringer), sa compagne, vient l’y rejoindre. Les deux femmes sont différentes (Vic est plus âgée par exemple) mais elles partagent toutes les deux un lourd passé judiciaire.

Faux espoirs

Vic pense pouvoir finir sa vie, ainsi, au calme, loin du monde et de la civilisation. Flo en est moins certaine, elle est plus instable aussi. Elle se verrait bien s’installer ailleurs.. Elles n’en auront pas le temps, car le passé va brutalement refaire surface.

Pierrette Robitaille et Romane Bohringer dans Vic + Flo ont vu un oursQuasi huis-clos forestier, Vic + Flo… reste un film inabouti. Il souffre des mêmes défauts que « Tirez la langue , Mademoiselle » d’Axelle Ropert qui sort aussi ce mercredi 4 septembre 2013. A force de ne vouloir rien révéler des personnages, de leur passé pour ne pas que le spectateur les juge, on se désintéresse totalement de leur sort. On comprend mal ce qui les unit autant (notamment pourquoi Florence reste auprès de Vic), pourquoi Vic se retrouve isolée, abandonnée de tous et incapable de s’occuper de son oncle, comment elles vivent…

Faux rythme

Même l’échelle du temps n’est pas suffisamment maîtrisée pour qu’on accorde une quelconque crédibilité à cette histoire. On s’ennuie donc rapidement, alors que un portrait sensible de ces deux femmes fortes et faibles à la fois, mais à la langue bien pendue (ce qui était l’ambition de Denis Côté selon ses propres dires) méritait vraiment que l’on s’y attarde. Surtout que le trio d’acteurs (Pierrette Robitaille, Romane Bohringer, absente des écrans depuis longtemps, et Marc-André Grondin) fonctionne bien. Dommage même si le film a toutefois reçu l’ours d’argent au Festival de Berlin 2013. 

De Denis Côté, avec Pierrette Robitaille, Romane Bohringer, Marc-André Grondin

2013 – Canada – 1h36

La famille de Jiale dans Ilo Ilo
4 septembre 2013

Ilo Ilo

Véronique LE BRIS / Non classé Amour, attachement, baby sitter, classe moyenne., enfance, enrichissement, famille, Singapour / 0 Comments

D’Anthony Chen  

Jiale, dix ans, est un garçon turbulent, pas très bien aimé et du coup plutôt mal élevé. Sa mère enceinte décide, pour soulager son quotidien, d’engager une nounou philippine pour s’occuper de son foyer et surtout de son fils. Celui-ci l’accueille très mal mais finit par s’y attacher. On est en 1997, à Singapour, qui vit alors une des pires crises économiques de son histoire récente…

La crise et Singapour

Comment les enfants font-ils les frais des décisions de leurs parents ? Voilà le sujet de ce premier film très touchant qui a reçu lors du dernier Festival de Cannes, la Caméra d’or, le premier grand prix international récompensant un film de Singapour, et qui représentera son pays dans la course à l’Oscar du meilleur film étranger. 

La famille de Jiale dans Ilo IloOn y découvre un pays en voie vers une démocratie où la discipline laisse peu de place aux libertés individuelles, où le respect des plus faibles ne va pas de soi, où l’argent et la réussite sociale sont les seules valeurs d’une classe moyenne ambitieuse, laborieuse mais peu considérée…

Quête d’amour

En filmant souvent à hauteur de Jiale, le réalisateur Anthony Chen parvient très justement à décrire à la douleur et donc l’agitation de cet enfant auquel personne ne s’intéresse vraiment et qui finit par trouver un peu d’affection auprès de sa nounou, mais ni auprès de sa mère autoritaire et débordée, ni de son père lâche et démissionnaire.

d’Anthony Chen, avec Yeo Yann Yann, Chen Tianwen, Angeli Bayani, Koh Jia Ler…

2013 – Singapour – 1h39

En partenariat avec Grains de Sel

(c) Claire Nicol Laurent Stocker et Cédric Kahn dans Tirez la langue mademoiselle
4 septembre 2013

Tirez la langue mademoiselle

Véronique LE BRIS / Non classé 13ème arrondissement, Cédric Kahn, diabète, enfant, Laurent Stocker, Louise Bourgoin, médecins, mère seule, nuit / 0 Comments

d’Axelle Ropert

Le plus intéressant dans le deuxième film d’Axelle Ropert, critique de cinéma aux Inrocks, c’est son titre (et son affiche, très sensuelle). « Tirez la langue mademoiselle », est-ce une incitation un peu surannée mais charmante à une impolitesse d’enfant? Une allusion médicale? Ou alors une manière discrète et un peu coquine d’envoyer quelqu’un se faire foutre? C’est évidemment un peu de tout cela à la fois, du moins au niveau des intentions de sa réalisatrice. Malheureusement, elle n’a pas su (voulu?) choisir et du coup, on reste en suspension. Comme ses personnages. 

Les deux font la paire

Ils sont deux frères, pas jumeaux, mais quasiment siamois, médecins auscultant de concert (qui a déjà vu ça?), habitant face à face et se surveillant entre eux comme du lait sur le feu. Et évidemment, ils vont tomber amoureux de la même femme. Un soir, ils sont appelés par une gamine, diabétique, restée seule chez elle. Ils sont consciencieux, elle est attachante. Surtout, sa mère qu’ils rencontrent un peu plus tard, est superbe et mystérieuse. Ils en tombent raide dingues, l’un comme l’autre. Serait-ce la faille qui va les séparer? Ou leur fraternité sera-t-elle plus forte que tout? 

(c) Claire Nicol Laurent Stocker et Cédric Kahn dans Tirez la langue mademoiselle

Il n’y a pas vraiment de suspense, ce n’est pas le but de ce film qui se ressent plutôt comme une balade nocturne dans le XIIIème arrondissement de Paris, au coeur des tours de la porte de Choisy et du quartier chinois. Un endroit rarement filmé, selon Axelle Ropert, ce qu’on lui accorde volontiers. Sauf qu’elle n’y parvient pas très bien. On a l’impression d’être étriqué entre ses tours, offerts aux vents qui ne semblent passer… que la nuit! Elle ne réussit pas à capter l’âme un peu étrange de ces ensembles grandis trop vite, de ces lieux de passage impersonnels où se croisent les populations les plus variées.

A trop peu vouloir en dire

Il y a a pire. Ce film souffre d’un syndrome de plus en plus répandu et horripilant. « J’aborde un sujet, je l’esquisse mais comme j’angoisse à l’idée d’être trop explicite, je ne vous dirai rien du pourquoi, ni du comment ». On ne comprendra donc jamais la relation anormale, la co-dépendance maladive de ses deux frères dont l’un ne se remettra pourtant pas. C’est à peine si leur mère est évoquée à un moment. Ce qui est dommage car la piste était intéressante, assez inédite d’ailleurs. Là, c’est totalement frustrant pour le spectateur, d’autant que ce n’est jamais compensé par les émotions fortes qu’on devrait ressentir en regardant cette histoire d’amour. jOn aurait aimé voir les deux frères tomber amoureux. Là, le rythme choisi fait que l’on passe directement de la rencontre au désarroi. Sans émois. Et je ne parle même pas de leur destin. Et ce n’est pas une question d’acteurs qui sont au diapason. Du coup, sans pouvoir s’accrocher à du tangible, l’ennui gagne. Dommage. 

D’Axelle Ropert, avec Louise Bourgoin, Cédric Kahn, Laurent Stocker…

2013 – France – 1h42

Léa Seydoux et Tahar Rahim dans Grand Central
28 août 2013

Grand Central

Véronique LE BRIS / Non classé centrale nucléaire, explosion de sentiment, historie d'amour, Léa Seydoux, nucléaire, Tahar Rahim / 0 Comments

De Rebecca Zlotowski

Sans qualification, sans talent particulier, Gary trouve un travail étrange, celui de nettoyeur de centrale nucléaire. Une sorte d’homme à tout faire qui doit surtout maîtriser son vertige et ne pas trop se poser de questions sur les risques qu’il encourt. Il a beau être protégé, avoir des combinaisons qui le recouvre des pieds à la tête, il risque à tout moment d’être exposé à des doses d’irradiation plus que néfastes pour son organisme et pouvant même être mortelles.

Un amour à réaction

Gary a besoin d’argent et trouve au sein de son groupe de travail une sorte de cellule qui donne un sens à sa vie. Il y a comme lui quelques égarés qui viennent testé ce nouveau job, d’autres ont déjà fait leurs preuves et pris du galon. Tous vivent dans une sorte de communauté, un camp de mobile-homes où une vie douce heureuse s’est reconstituée.

Léa Seydoux et Tahar Rahim dans Grand CentralEt puis, il y a Karole, la femme de Toni, un solide gaillard qui n’a peur de rien et surtout pas de s’approcher au plus près du cœur radioactif de la centrale. Gary, lui, préfère se frotter au cœur et au corps de Karole. Son amour le contamine aussi sûrement que les doses irradiantes qu’il prend tous les jours à la Centrale. Jusqu’à s’y perdre. 

Irradiant

Sur un sujet délicat, Rebecca Zlotowski signe une réalisation brillante. Une histoire d’amour et de mort aussi séduisante à l’écran que l’est le duo de ses deux interprètes, Léa Seydoux (assez méconnaissable) et Tahar Rahim, égal à lui-même. Tout le casting (Olivier Gourmet, Denis Menochet…) est à l’unisson d’un parallèle séduisant entre l’irradiation nucléaire et amoureuse.

Tahar Rahim dans Grand CentralAux scènes de plongée au cœur des réacteurs nucléaires, succèdent des ébats champêtres dans la nature prolifique et rayonnante, entrecoupés par des moments collectifs partagés où la société reprend alors ses droits. Mais, qu’attendre justement de ces bonheurs furtifs quand la destruction s’annonce certaine? Rebecca Zlotowski y répond à la fois de manière touchante et sans illusion, jouant jusqu’au bout sur la dualité des sentiments et des situations. Passionnant.

De Rebecca Zlotowski, avec Lea Seydoux, Tahar Rahim, Olivier Gourmet, Denis Ménochet…

1h35 – France – 2013 

Vera Farmiga est Lorraine Warren dans Conjuring
21 août 2013

Conjuring- les dossiers Warren

Véronique LE BRIS / Non classé enquête, horreur, Lorraine Warren, maison hantée, malheur, médium, thriller / 0 Comments

De James Van

Ce qui est bien, avec les films d’horreur, c’est qu’ils font (presque) toujours la part belle aux filles. Pour de mauvaises raisons, certes, mais ça reste sans doute le genre cinématographique où les femmes sont les plus nombreuses au casting et peuvent même se disputer les rôles principaux.

Le beau rôle

Dans « Conjuring, les dossiers Warren », les femmes sont effectivement en surnombre : la famille Perron compte cinq filles, en plus de la mère évidemment. Mais, là, n’est pas la différence principale. C’est une femme, Lorraine Warren, qui va résoudre l’énigme terrifiante traitée dans ce film, grâce à ses talents de médium bien sûr mais aussi grâce à sa sensibilité de mère. Et là franchement, c’est un parti pris inédit. 

Vera Farmiga est Lorraine Warren dans ConjuringSoit donc une famille américaine moyenne, les Perron, qui décide dans les années 1970 de déménager dans une vieille ferme isolée du Rhode Island pour y élever tranquillement leurs cinq filles. Très vite, des phénomènes bizarres autant qu’étranges vont troubler ses nuits et bientôt ses jours. La maison semble hantée. Par chance, Carolyn Perron , la mère, assiste à une conférence des démonologues, Ed et Lorraine Warren, et parvient à les convaincre de venir faire un tour chez elle. ce qu’ils découvrent est terrifiant…

Clap, clap

La construction de ce pur film d’horreur est extrêmement habile. Ce que l’on suit n’est justement pas les désordres de cette maison à l’histoire très lourde, mais l’enquête que mène le couple Warren, et en particulier Lorraine qui a la vision de ce qui s’y ait passé plusieurs dizaines d’années auparavant. On suit donc le film et sa succession de phénomènes puis de révélations comme un vrai thriller. Tout le catalogue des meilleurs films d’horreur y est pourtant représenté : fantômes, présences inhabituelles, bruits étranges, possession, exorcisme etc etc… 

Partie de Cache-cache chez les Perron dans ConjuringL’autre point intéressant est justement que ce qui motive Lorraine Warren à résoudre ce cas difficile est justement la raison qui a poussé la famille Perron à s’installer dans cette maison. Si elle n’avait pas été une mère concernée, sans doute ne se serait-elle jamais impliquée dans cette énigme.

Enfin, les rôles principaux sont confiées à des actrices connues et reconnues ( ce qui est encore plus rare dans ce genre cinématographique) : Vera Famiga (Lorraine Warren) et Lili Taylor (Carolyn Perron). 

Alors, prêt(e)s pour une partie de cache-cache? 

De James Van, avec Vera Famiga, Patrick Wilson, Lili Taylor, Ron Livingston…

2013 – Etats-Unis – 1h50

Marthe Keller dans Fedora de Billy Wilder
21 août 2013

Fedora

Véronique LE BRIS / Non classé Billy Wilder, Fedora, fille, greta Garbo, héroïne, Hollywood, jeunesse, Marthe keller, mère, mort, Star System, vieillesse / 0 Comments

De Billy Wilder

En 1950, Billy Wilder tourne « Boulevard du Crépuscule », sublime film qui ausculte, à travers le destin et les névroses d’une ancienne star du muet, les démons du système hollywoodien. Lui y est arrivé au milieu des années 1930 comme scénariste et talent désormais indésirable en Europe.

Il ne lui a fallu que quelques années pour y percer et en 1950, le cinéma lui doit déjà quelques films incontournables qu’il a soit scénarisés, soit réalisés : « Ninotcha », « Assurance sur la mort », « La valse de l’empereur », « la scandaleuse de Berlin ». Doué d’une intelligence exceptionnelle (tous ses films le prouvent), Billy Wilder n’a eu besoin que de quelques années pour comprendre que les chimères de l’univers dans lequel il évolue et pour se donner les moyens de le critiquer ouvertement mais subtilement.

Crépusculaire

Il faut croire que le sujet le hante, car en 1978, pour son avant-dernier film, il s’y attaque à nouveau avec la même hargne, la même violence rentrée. « Fedora » traite du même thème que « Boulevard du Crépuscule », mais en négatif. Et la désillusion est encore plus cruelle.

Marthe Keller dans Fedora de Billy Wilder

Barry Detweiler, un producteur fauché tente de se refaire en proposant un rôle, l’ultime rôle, à celle qui fut en son temps la star des stars, Fedora. Mais, depuis des années, l’actrice vit retirée de tout et de tous dans une maison isolée et inviolable sur une petite île proche de Corfou. Barry brave les obstacles et les interdits pour tenter de la rencontrer. Il finit par parvenir et ce qu’il y découvre est encore pire que ce qu’il aurait pu imaginer…

Garbo en modèle

Bien moins connu que les autres films de Wilder, Fedora revient donc aujourd’hui en version restaurée. La couleur un peu passée de la fin des années 1970 lui donne un charme suranné. Le réalisateur a aussi un peu perdu le sens du rythme qui donna un tempo formidable à ses comédies. Mais, son propos est tellement puissant, son histoire tellement cruelle que, même si son talent est un peu fatigué, (Wilder le tourne à 72 ans et s’est épuisé à le faire financer – il n’a trouvé de l’argent qu’en Europe, ce qui fait de Fedora son film tardif le plus européen- ), Fedora reste un grand film qui mérite dix fois qu’on s’y attarde. C’est aussi un des grands rôles de Marthe Keller, qui, bien que dissimulée, brille de toute sa beauté dans les scènes dévoilées et soutient presque la comparaison avec Greta Garbo, dont la véritable histoire aurait inspiré ce chant du cygne à Wilder.

Avec Marthe Keller, William Holden, Hildegard Knef…

1978 – RFA/France – 1h50

Sandra Bullock et Melissa McCarthy dans les Flingueuses
21 août 2013

Les flingueuses

Véronique LE BRIS / Non classé buddy-movie, comédie, femme, flic, Melissa McCarthy, nouvelle comédie américaine, Paul Feig, Sandra Bullock / 0 Comments

De Paul Feig 

Puisque les femmes sont des hommes comme les autres,  et plutôt que de casser la tête à écrire des scénarios bien pensés et un poil originaux,  Hollywood n’a rien trouvé de mieux que de récupérer les vieilles bonnes recettes qui ont gonflé son porte-monnaie et de les réchauffer à la sauce féminine. 

Ce qui en langage hollywoodien veut dire qu’au lieu de mettre deux pauvres types dans le énième buddy movie produit, on les remplace par deux nanas, une belle et une moche, pour jouer de leurs différences et de leur incapacité à s’entendre.

Sans grâce

Soit donc Sandra Bullock en agent spécial du FBI envoyée se refaire une santé à Boston, tant son arrogance et sa suffisance énervent ses supérieurs. Sur place, elle sera forcée de travailler avec Melissa McCarthy, une flic boulotte, grande gueule et aux méthodes disons « spéciales ». Deux cœurs solitaires qui, surprise !, vont finalement devenir un duo de choc.

Sandra Bullock et Melissa McCarthy dans les FlingueusesPassons sur les péripéties qu’elles traversent, sur l’histoire de leur vie respective, triste à pleurer évidemment, et surtout sur l’enquête qu’elles mènent ensemble et qui n’a aucun intérêt pour regretter les choix finalement tellement conventionnels de la part du réalisateur Paul Feig, celui qui s’était hasardé à tourner, « Mes meilleures amies », la soi-disant première comédie féminine… la première où les femmes osaient péter, roter et même dégueuler en pleine rue, sur une robe de mariée. Si faire du cinéma féminin, c’est forcément s’approprier la truculence masculine, merci bien !

A la truelle

On passe donc sur cette pseudo comédie polar d’autant que Sandra Bullock, la spécialiste du genre, toujours aussi maladroite et mauvaise actrice, reste désespérément au ras des pâquerettes de son personnage ; Mélissa McArthur est, elle, plus surprenante plus imposante aussi. On lui souhaite vivement de vite sortir de ces rôles ultra-codifiés. Elle aurait récemment tourné Tammy, une comédie réalisée par son mari Ben Falcone.  A suivre donc…

De Paul Feig, avec Sandra Bullock, Melissa McCarthy….

2013 – Etats-Unis – 1h57


Michael Kohlhaas et sa femme
14 août 2013

Michael Kohlhaas

Véronique LE BRIS / Non classé 16e siècle, Cévennes, droit, justice, Mads Mikkelsen, Michael Kohlhaas, mort / 0 Comments

D’Arnaud des Pallières

Michael Kohlhaas est un puriste, un marchand de chevaux fort respecté qui n’accepte pas que l’on se moque de lui. Sûr de son bon droit, il va tout faire pour le faire appliquer, quitte à le payer au prix fort.

Mais, il vit au XVIème siècle dans les Cévennes, un pays où l’arbitraire règne alors et où la justice est d’application variable. Pourtant, son combat restera à bien des égards un exemple à suivre. Sans sciller.

Une morale à toute épreuve

C’est un film rugueux dont le message est d’une réelle modernité et d’une rigueur morale parfaite. Michael Kohlhaas a beau être marchand riche, c’est un homme d’intégrité totale. Il est toujours prêt à tout pour la défendre. Peut-être parce qu’il est très pieu. Il vit heureux auprès de sa femme et de sa fille, mais l’arrogance d’un jeune seigneur qui lui impose un passe-droit quand il conduit ses chevaux au marché, va ébranler sa vie. L’argument semble au départ anecdotique mais il déclenchera pourtant une série de malheurs, de morts, et même une guerre.

Michael Kohlhaas et sa femmeSi le récit est, au départ, très maîtrisé, dominé par la figure imposante et idéale de Mads Mikkelsen, la seconde partie (la deuxième heure) est moins intéressante, plus ennuyante. Sans doute parce que la rectitude morale du héros, soudainement contestée, est moins défendue par le réalisateur lui-même… avant un final très fort, très émouvant.

Quoiqu’il en soit, ce film pas très féminin, adapté du roman de l’allemand Heinrich von Kleist, reste une belle prouesse, un moment de vie ténu, historique, d’un parti pris très intellectuel, qui lui a valu de représenter la France en sélection officielle au Festival de Cannes 2013. 

D’Arnaud des Pallières , avec Mads Mikkelsen, Mélusine Mayance, Delphine Chuillot, Bruno Ganz, Denis Lavant ? Sergi Lopez, Amira Casar, Jacques Nolot…

2013 – France – 2h02.

Le marché de Zambezia dans Drôles d'oiseaux
14 août 2013

Drôles d’oiseaux

Véronique LE BRIS / Non classé Afrique, cité, histoire, mère absente, oiseau, père-fils, refuge, vengeance / 0 Comments

Dès 6 ans

Kai, un jeune faucon, en a sa claque de vivre juste avec son père, à l’écart de tout et tous. Par hasard, il apprend l’existence de Zambezia, la cité des oiseaux, une sorte de paradis dédié qu’il veut absolument connaître.

Père-fils

Contre l’avis de son père, il débarque là-bas pour vivre parmi les siens. Mais, la cité est bientôt menacée. Kai va donc devoir se mouiller quitte à découvrir sa propre histoire.

C’est drôle, joli, enlevé comme la plupart des films d’animation d’aujourd’hui. Aucun problème de tempo, ni faille graphique apparente, Drôles d’oiseaux a de la tenue et se laisse très agréablement regarder.

Le marché de Zambezia dans Drôles d'oiseaux Vendu comme un hommage à l’Afrique, c’est en fait une sorte de méli-mélo culturel qui sonne parfois plus du coté des Caraïbes que de l’Afrique noire. Mise à part ces petites fautes de goût ou ces écarts à l’orthodoxie culturelle, les enfants adoreront cette sempiternelle histoire de relations père-fils, née sur des bases compliquées qui ont empêché un vrai épanouissement et du géniteur, et de la descendance. Mais tout finit par s’arranger bien sûr …

De Wayne Thornley

2013 – Etats-Unis – 1h22

Oggy et les cafards à la préhistoire
7 août 2013

Oggy et les cafards

Véronique LE BRIS / Non classé cartoon, les cafards, muet, Oggy, rythme fou., TV / 0 Comments

Dès 4 ans

Pendant plus de 15 ans, un chat bleu au gros nez rouge a été martyrisé à la télévision par trois cafards intraitables. Les voici désormais au cinéma dans une histoire en quatre phases.

Cartoonesque

Le film commence à la préhistoire lorsque le Oggy, le chat, chargé de surveiller le feu de sa tribu, le perd quand les cafards l’éteignent. Il doit donc partir à la quête d’une nouvelle flamme. On le retrouve au Moyen-Âge, cherchant, cette fois, une femme, puis à Londres, lors du passage à l’an 1900 et enfin en héros d’un Star Wars un peu spécial.

Oggy et les cafards à la préhistoireA chaque fois, le principe est le même : les cafards sont les empêcheurs de tourner en rond, voire les méchants d’une histoire menée à un rythme d’enfer dans la plus pure tradition du cartoon à l’américaine. C’est –à-dire qu’il n’y a pas de paroles, seulement des bruitages et des gags visuels qui se succèdent à toute allure. Comme dans Tom et Jerry ou un dessin animé de Tex Avery.

Epuisant

C’est très bien sur un format court, épuisant quand on dépasse les ¾ du programme et presque ennuyeux à la toute fin. Du coup, si on regarde avec intérêt leur guerre du feu, on se lasse franchement du principe dans l’histoire londonienne, à peine rattrapée par la virgule Star Wars à la fin. Dommage !

D’Olivier Jean-Marie

2013 – France – 1h20

En partenariat avec Grains de Sel

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