Fjord
Une famille mi-roumaine mi-norvégienne très religieuse s’installe en Norvège. Avec Fjord, Cristian Mungiu remporte sa 2eme palme d’or et défie la tolérance affichée des bien-pensants.
Une famille mi-roumaine mi-norvégienne très religieuse s’installe en Norvège. Avec Fjord, Cristian Mungiu remporte sa 2eme palme d’or et défie la tolérance affichée des bien-pensants.
TOM A LA FERME Bande-annonce par diaphana
25 ans, 4 longs métrages et un cinquième, « Mommy » annoncé en compétition officielle du Festival de Cannes 2014. Xavier Dolan est pressé et doué. Et Xavier Dolan est centré sur l’intime disfonctionnel, sur l’incapacité d’une famille à respecter l’individualité de chacun, à tolérer chaque personnalité, à ne pas rejeter les marginalités.
« Tom à la ferme », comme ses trois films précédents est un film fort, puissant, un brûlot contre l’homophobie de la province, de la campagne. L’homophobie des champs.

Adapté d’une pièce de théâtre de Michel Marc Bouchard, le film reprend la trame de l’histoire de Tom. Jeune publicitaire de Montréal, branché, urbain, il débarque comme un cheveu décoloré sur la soupe dans une ferme éloignée de tout. Il y vient pour les funérailles de son amoureux et comprend très vite, que sans être malvenu, il n’y a pas sa place. Personne ne le connaît, personne n’a jamais entendu parlé de lui, personne ne veut surtout savoir qui il est, ni ce qu’il représentait pour le défunt.
Et pourtant, il reste. Subjuqué par cette famille apparemment soudée, fasciné par les travaux de la ferme qui semblent lui redonner une virilité timide, tenu sous la coupe de Francis, le frère aîné du mort qui, on le saura plus tard, est cantonné à son rôle de fils de la ferme sans aucune échappatoire possible.

Dans ce huis-clos pesant, rendu encore plus étouffant par les quelques lignes de fuites qui s’offrent à Tom et qu’il ne saisit jamais, Xavier Dolan signe un réquisitoire efficace et puissant contre les secrets de famille, contre le mensonge, contre les apparences, contre l’homophobie, contre l’intolérance… Avec pour l’objectif de montrer, comme l’écrit si bien Michel Marc Bouchard, « avant même d’apprendre à aimer, les homosexuels apprennent à mentir ». A se mentir aussi.
La réalisation qui joue sur un étouffement progressif reprend avec intelligence les codes du thriller, misant autant sur la terreur psychologique que sur la violence physique , le tout étant emporté par une mise en musique éblouissante. Ce qui n’a rien d’étonnant tant c’est une des marques de fabrique du talent de Xavier Dolan. Sauf que cette fois-ci, c’est Gabriel Yared qui officie. Brillant.
2013 – Canada/France – 1h42
@clara palardy
Après Harry Potter, Twilight, voici la nouvelle saga qui va s’imposer auprès des adolescentes! Ecrits par Veronica Roth, les livres étaient déjà des best-sellers aux Etats-Unis (pas en France) avant que le premier épisode en s’installe en tête du box-office US dès sa sortie. Est-ce mérité? Plutôt oui, parce que l’intrigue est intéressante, intelligente même, riche en rebondissements et portée par une héroïne pleine de ressources.
Après une guerre particulièrement destructrice, la vie à Chicago a complètement changé. Sa population est désormais organisée en 5 factions qui se répartissent la gestion et le gouvernement de la cité. Pour Béatrice, c’est le grand jour. A 16 ans, elle va choisir demain la faction à laquelle elle appartiendra.

Elevée chez les Altruistes, elle se vit comme une Audacieuse, cette sorte de milice interne qui doit protéger tous les habitants de Chicago. Elle rompra alors définitivement avec sa famille…
Pourtant, les tests auxquels on la soumet sont loin d’être concluants : elle est une Divergente, une espèce qu’aucune faction ne reconnaît et dont tous se méfient. Mieux vaut donc que personne ne le sache… mais combien de temps pourra-t-elle dissimuler sa vraie nature ?

La force de « Divergente » est de mêler l’aventure personnelle de cette jeune femme avec le destin de la cité où elle habite. Du coup, on est immédiatement plongé au cœur d’une ville familière mais si meurtrie qu’elle s’est dotée d’une organisation ultra-rationnelle pour renaître de ses cendres.
Ce mélange entre réalité et légère anticipation fait rapidement prendre conscience du danger de la déviance. Mais aussi de sa nécessité. Portée avec brio par la jeune Shailene Woodley, ce véritable film d’action portée par une intrigue judicieuse et une histoire d’amour intense se laisse regarder avec intérêt malgré quelques incohérences de scénario. Mais, on attend même la suite avec impatience…
2014 – Etats-Unis – 2h06
Tout un programme de courts-métrage consacré à la carotte : il fallait y penser et l’idée est succulente !
Le premier film, qui aborde le sujet de la gourmandise et de la pénurie de « confiture de carottes », offre même une recette à faire chez soi.
Le second, inspiré d’un conte russe, décrit, dans un décor épuré et sans parole, l’entraide familiale nécessaire pour réussir à arracher une « carotte géante ».Le suivant, plus classique dans son dessin et dans son intention, vante le bonheur de partager son repas avec ses amis.
Mais, le clou du programme arrive à la fin et raconte la rencontre entre un écureuil et un lapin et leurs différends culinaires et olfactifs. L’un aime les noisettes, l’autre les carottes et s’ils sont tous les deux d’excellents cuisiniers, ils se lassent des mets préférés de l’autre, en chantant, mais vont jusqu’à se fâcher.
Pourtant quand l’un est menacé, l’autre a du remord et vient lui porter secours. Joyeux, enlevé, ce petit film riche en suspens et en rebondissements est bien alléchant… Il ne manque que l’odeur pour qu’on s’y lèche les babines avec gourmandise !
2013 – France/Belgique – 0h45
En partenariat avec Grains de Sel
Depuis que la catastrophe a eu lieu, le monde s’est scindé en trois parties : l’une d’elle a disparu, attirée comme un aimant dans le ciel, la seconde s’est réfugiée sous terre mais avec une gravité inversée et la troisième, à la surface de la terre, est devenu une société totalitaire où toute initiative individuelle est condamnable.
Patéma vient du monde d’en bas mais elle rêve d’ailleurs. Elle finit par trouver un passage pour le monde du dessus et y rencontre Age, un adolescent qui refuse le système autoritaire dans lequel il est forcé de vivre.
Mais, leur rencontre n’est pas simple : d’abord parce que Patema a la tête en bas quand elle est sur terre (et inversement pour Age), ensuite parce que cette amitié hors norme est contestée par leurs mondes respectifs, celui d’Age mettant tout en œuvre pour détruire celui de Patema. Mais, heureusement, ce qui les rapproche est bien plus fort que ce qui les sépare.
D’une histoire improbable, le réalisateur japonais fait un film d’animation charmant, qui colle aux drames écologiques qui ont meurtri le Japon, mais avec un message d’amour et d’espoir porté par la jeune génération : celle ouverte au monde, enthousiaste et qui réfute l’ordre établi et l’autoritarisme pour favoriser de meilleurs rapports humains.
2013 – Japon – 1h40
En partenariat avec Grains de Sel
©Yasuhiro YOSHIURA/Sakasama Film Committee 2013
Jean-Marc Vallée aime les destin forts de personnes ordinaires. Dans « C.R.A.Z.Y », son deuxième film, celui qui l’a fait connaître, il suivait un jeune garçon qui peinait à trouver sa place dans une fratrie écrasante et auprès d’un père envahissant.
Dans « Café de Flore » avec Vanessa Paradis, il s’intéressait à une femme dont la vie prenait du sens auprès de son enfant trisomique. Ici, pour son premier film américain, il suit à la trace Ron, un cow boy de Dallas pas dégrossi, qui apprend le respect des autres et la tolérance quand il découvre qu’il a le Sida.
Sans subtilité aucune, Ron tombe littéralement de sa selle quand il apprend qu’il est séropositif et qu’il ne lui reste que 30 jours à vivre. Quoi, lui, le mec viril qui buvait sa bière au comptoir et s’enfilait joyeusement des putes au fond de son mobile home, aurait la maladie des PD !
On est en 1985 et personne n’a encore vraiment cerné le sida. On tâtonne sur les traitements, l’AZT a plus d’effets secondaires que bénéfiques. Et Ron va justement profiter de ce flou pour tester de nouvelles thérapies.
Grâce à elles, il tiendra 7 ans avant de rendre l’âme et prolongera la vie de nombreux infectés par le virus, la plupart issue de la communauté gay qu’il exécrait quelques années auparavant. Et puis, il va lutter contre les administrations américaines et les laboratoires pharmaceutiques pour les contraindre à améliorer les traitements.
Voilà typiquement un film qui n’aurait jamais pu être tourné en France. Parce que ce genre de héros n’existe pas ou n’est pas glorifié chez nous, parce que lutter contre les autorités est à peu près sans issue ici, parce que remettre en cause l’ordre des choses en se faisant de l’argent est d’une immoralité inacceptable.
Ron est un péquenot et la leçon de vie qui lui est servie, il la prend par hasard. Qu’importe… Lui veut vivre et à n’importe quel prix. En fait, tout ce qu’il fait pour les autres, il le fait d’abord pour lui, juste pour ne pas crever. Un parfait anti-héros, en somme, antipathique. Mais, c’est justement ce qui est intéressant dans le film, un peu comme l’était Erin Brokovitch à son époque. Ils n’ont rien pour eux, on s’en détournerait si on les croisait mais ils vont changer le monde.
Mais, c’est aussi la limite du sujet du film. Quel crédit leur apporter puisqu’ils n’avaient aucune ambition et aucun atout pour y arriver. Et c’est incontestablement ce qui nous met mal à l’aise : on n’y croit pas, on aimerait adhéré à la cause de Ron mais son opportunisme à tout prix nous détourne constamment de lui. Et non, Ron, la fin ne justifie pas tous les moyens !
Dallas Buyers Club est un des super favoris des prochains Oscars. Peut-être que Matthew McConaughey, qu’on a revu récemment dans Muds, raflera la statuette. Il se met en danger comme jamais dans ce rôle, devenant au fil des scènes un cadavre ambulant d’un maigreur effrayante. Pourtant, son jeu reste un peu linéaire, comme dans Muds, un peu gouailleur, un peu racoleur et finalement un peu trop travaillé, don faux pour être honnête.
Je préfère de loin l’interprétation sur le fil de Jared Leto, lui aussi maigrissisme qui impose le charisme de son personnage, sans jamais en faire trop.
2013 – Etats-Unis – 1h57
copyright-Dallas-Buyers-Club-LLC-2013
La note Cine-woman : 2/5
Lili, une poule pondeuse s’échappe de sa batterie dans l’espoir de vivre au grand air. Un colvert la prend sous son aile mais il est bientôt tué par une belette, laissant derrière lui un caneton prêt à éclore. Lili décide de le couver puis de l’élever. Mais, un canard peut-il avoir une poule comme maman ?
Adapté d’un livre très célèbre en Corée, cette histoire n’est pas très éloignée de celle du vilain petit canard et prône de la même manière la tolérance et l’altruisme. En rupture avec cette quête d’harmonie, les dessins sont anguleux et les couleurs parfois criardes. Un peu comme les voix utilisées pour le doublage. Il faut s’habituer pour apprécier au mieux cette généreuse leçon de vie, portée par des personnages pétillants.
2011 – Corée – 1h33
En partenariat avec Grains de Sel
La note Cine-Woman : 4/5
Dès 5 ans
Vous connaissez bien sûr le conte d’Andersen. Le russe Garri Bardine (La nounou) est un réalisateur bien trop imaginatif pour ne y avoir glisser son grain de sel! Un oeuf trop gros arrive dans une basse-cour très ordonnée. Il en sort un volatile, noir, pelé, différent des autres qui, malgré toute sa volonté et son courage, ne parvient pas à se faire accepter. Après bien des malheurs, il finira par trouvera sa famille, celle de magnifiques cygnes blancs qui l’emporteront bien au delà de cet enclos étriqué. Bien sûr il est ici question de tolérance, d’espoir, de quête d’amour et d’identité. Mais, en se raillant cette basse-cour militairement organisée, Garri Bardine donne une dimension politique innovante et très amusante à ce conte d’abord philosophique. Son talent principal reste pourtant celui d’exprimer les émotions les plus fortes poétiquement, notamment grâce à la musique de Tchaikovski. On met au défi quiconque, grands et petits, de regarder ces volatiles s’étriper sans verser la moindre larme…
2010 – Russie – 1h14
En partenariat avec Grains de Sel