Ulysse
Avec Ulysse, la réalisatrice Laetitia Masson revient dans un registre nouveau : celui d’une mère en lutte pour son fils handicapé. Présenté en clôture d’Un Certain regard au 79e Festival de Cannes, le film sera à l’affiche le 17 juin 2026.
Expérience personnelle
Laetitia Masson a toujours filmé les femmes, et souvent des femmes qui devaient faire face à l’adversité. On ignorait que c’était aussi son cas depuis qu’elle est la mère d’Alphonse, rebaptisé Ulysse ici.

Tout avait bien commencé. Alice, chercheuse à l’université, et Luc, pianiste concertiste, étaient heureux d’annoncer la naissance d’Ulysse. Tout jeune, Ulysse accuse un retard de développement moteur et mental important. « C’est un syndrome génétique, diagnostique un médecin qui conseille aux parents d’apporter beaucoup d’amour à leur enfant. C’est ce qui l’aidera le plus ».
Un parcours du combattant
Luc se décourage assez vite et prend, sans complètement ignorer son fils, la poudre d’escampette. Il part faire carrière aux Etats-Unis. Restée seule en France avec Ulysse, Alice va déplacer des montagnes pour que son fils gagne en autonomie et intègre du mieux qu’elle le pourra à la société qui l’entoure et qui, soyons réaliste, ne veut pas trop de lui. Et reconnaissons-le chaque étape, aussi infime soit-elle, est une victoire.

C’est le parcours du combattant d’une mère qui ne se décourage jamais qu’Ulysse raconte. Laetitia Masson le fait sans aucun pathos, avec la détermination d’une femme qui ne baisse pas les bras mais qui sacrifie sa vie , intime comme professionnelle, pour que son fils trouve sa place, puisse vivre son rêve de travailler dans la restauration.
Une place pour chacun
Le combat est admirable. Et il est insensé de découvrir à quel point il faut se battre, y croire, se relever pour réussir à faire bouger les lignes. Cette mère qui s’énerve si peu est vaillamment interprétée par Elodie Bouchez, comme toujours impeccable. Pourtant, et c’est ingrat, c’est surtout la prestation de Stanislas Mehrar que l’on retient, à la fois parce que son rôle est plus contrasté, qu’il est plus rare à l’écran et qu’on découvre une facette inconnue de son talent : celui d’un pianiste de haut niveau, une carrière qu’il avait imaginée avant de devenir acteur. Ulysse, quant à lui, est interprété à l’adolescence par Alphonse, le fils de Laetitia Masson.

Ce film reste un témoignage bouleversant d’un combat personnel, filmé de manière solaire par la réalisatrice. Espérons qu’il soit une expérience miroir pour de nombreux parents qui s’y reconnaitront, un éveil de conscience pour d’autres qui ont échappé à cette épreuve et une incitation à mieux donner un avenir aux personnes handicapées, à s’appuyer sur leurs forces et leurs désirs, plutôt qu’à les cantonner dans les marges de nos sociétés.
De Laetitia Masson, avec Elodie Bouchez, Stanislas Mehrar, Alphonse Roberts…
2026 – France – 1h37
Ulysse de Laetitia Masson a été présenté en clôture d’Un Certain Regard au 79e Festival de Cannes. Sa sortie au cinéma est annoncée pour le 17 juin 2026.
