Ernest et Célestine
Ernest et Célestine sur l’amitié entre une souris et un ours est une adaptation très douce, très tendre des albums de Gabrielle Vincent, réalisée par le jeune Benjamin Renner et dialoguée par Daniel Pennac. Superbe.
Ernest et Célestine sur l’amitié entre une souris et un ours est une adaptation très douce, très tendre des albums de Gabrielle Vincent, réalisée par le jeune Benjamin Renner et dialoguée par Daniel Pennac. Superbe.
Top 10, 10 FlopsPuisque c’est l’époque des bilans, il faut bien s’y résoudre. Déjà, nombre de confrères ont bombardé Facebook de leur classement. Voici celui de Cine-Woman, qui diffère pas mal de tout ce que j’ai pu voir passer depuis quelques jours.
Avec comme grand coup de coeur de l’année 2012: A perdre la raison de Joachim Lafosse, avec Emilie Dequenne, Tahar Rahim et Niels Arestrup.
1) A perdre la raison de Joachim Lafosse
2) L’enfant d’en haut d’Ursula Meier
3) La terre outragée de Michale Boganim
4) The descendants d’Alexander Payne
5) Laurence Anyways de Xavier Dolan
6) Miss Bala de Gerardo Naranjo
7) Barbara de Christian Petzold
8) La seconde femme d’Umut Dag
9) Sous la ville d’Agnieszka Holland
10) Camille redouble de Noémie Lvovsky
Anna Karénine, Cloclo, Argo, Le jour des corneilles, Ernest et Célestine, Adieu Berthe, Louise Wimmer, Les Acacias, Tomi Ungerer – L’esprit frappeur …
Le sujet est fort mais le film m’a trop mise mal à l’aise pour l’apprécier:
Amour, Au pays du sang et du miel, Rebelle, Quelques heures de printemps
Les films que j’aurai aimés voir mais que j’ai ratés, il n’y en a que 5, une misère!
Les femmes du bus 678 , Margin Call, Tabou, Wrong et Take Shelter.
Des films qui ont suscité autant d’attente que de déception (parfois plus)
1) Skyfall de Sam Mendès
2) J. Edgar de Clint Eastwood
3) To Rome with Love de Woody Allen
4) Vous n’avez encore rien vu d’Alain Resnais
5) Superstar de Xavier Giannoli
6) The impossible de Juan Antonio Bayona
7) Frankenweenie de Tim Burton
8) Elle s’appelle Ruby de Jonathan Dayton et Valerie Faris
9) La part des anges de Ken Loach
10) Kirikou et les hommes et les femmes de Michel Ocelot
Rendez-vous sur la page facebook Cine-woman pour vos réactions.
De 2004 à 2011, Pilot, un studio d’animation russe, a lancé un vaste projet baptisé La montagne des joyaux. Il réunit 52 courts-métrages de 13 mn chacun imaginés à partir de contes folkloriques issus des quatre coins de cet immense pays pour en illustrer la diversité culturelle.
En voici quatre, remis dans leur contexte puisqu’ils commencent tous par une petite présentation du peuple et de l’origine géographique qu’ils illustrent. Le Rossignol est un conte traditionnel tatar sur le prix inestimable de la liberté, Histoires d’ours honore l’ours, le roi de la Taïga et son pouvoir décisif sur les autres animaux. Les deux autres sont plus universels. Zhiharka raconte comment une petite fille malicieuse et intrépide arrive à déjouer la ruse d’une renarde affamée. Enfin, notre préféré tant son dessin est beau, coloré et son ambiance gaie, La maison des biquettes, décrit comment un petit garçon un peu filou, pourchassé par des loups, trouve refuge dans une maison particulièrement alléchante…
Les techniques d’animations, toutes traditionnelles, varient suivant les histoires mais la qualité est constamment au rendez-vous. Courrez voir ce programme magnifique aussi amusant qu’instructif tant il permet une première approche fort intelligente de ce pays grand comme un continent. Une suite, issue de la même série et baptisée, L’ogre de la Taïga, sortira sur les écrans en février.
2006 – Russie – 52 mn
En partenariat avec Grains de Sel
Anna Karenine, quintessence de l’héroïne russe, s’invite pour Noël. C’est au moins la vingtième fois que ce roman de Tolstoï est adapté au cinéma, la dernière en date étant incarnée par Sophie Marceau. Cette fois, c’est l’anglaise Keira Knightley, l’actrice fétiche et fidèle au réalisateur Joe Wright, qui endosse la robe de cette femme adultérine.
La Russie, en 1874. La belle Anna Karénine a tout ce qu’une femme de son époque peut souhaiter : un mari influent, un enfant aimant et un statut social conséquent. Au hasard d’un voyage à Moscou, elle croise le jeune comte Vronski. Le coup de foudre est aussi réciproque qu’immédiat. Elle tente pourtant d’y échapper en retournant à Saint Petersbourg mais le comte la suit. Elle entame alors une relation hors mariage qui sera la signature de sa fin, sociale, conjugale et même maternelle….
Critique sociale extrêmement piquante, le roman de Tolstoï est évidemment aussi une magnifique histoire d’amour. C’est d’ailleurs cet aspect qui inspire le plus le réalisateur : il est plus à l’aise dans la construction de l’histoire, dans la rencontre des deux amoureux et la manière dont ils s’éprennent l’un et l’autre que dans la mise en scène de la déchéance de la belle. Pourtant, il donne immédiatement le ton : la vie n’est qu’une scène de théâtre dont les tableaux se succèdent les uns aux autres et où l’essentiel est sans doute de briller pour pouvoir soutenir le regard des autres. Et cela, il le met en scène littéralement filmant Anna et ses contemporains comme s’ils étaient sur un plateau ou juste derrière, en coulisses, toujours prêts à changer de costumes ou de rôles. Cette audace formelle est aussi bluffante que lassante : sidérante quand on passe d’un gros plan sur un personnage aux champs enneigés de la Sibérie, lassante car un peu trop répétitive.
Mais, cette technique comme le casting, Keira en tête, donne une belle modernité à cette adaptation. S’il fallait comparer, disons que Joe Wright s’éloigne encore un peu plus du classicisme de ses débuts déjà fort prometteurs (Orgueil et préjugés puis Reviens moi !, toujours avec Keira Knightley) pour rejoindre l’audace formelle de Moulin Rouge ! de Baz Luhrmann, la folie en moins.
Cette Anna vaut cent fois le détour, notamment pour tous ceux qui veulent découvrir l’histoire avant de lire le roman. Un seul bémol, le charme pas tout à fait criant du fameux comte Vronski, blondinet certes séduisant interprété par Aaron Taylor-Johnson, mais qui dans notre imaginaire (plus que dans le film) ne fait pas le poids contre Jude Law (le mari un poil coincé), ici vieilli, enlaidi.
2012 – USA – 2h11
Les moins jeunes d’entre vous se souviendront sans doute de cet événement marquant : le 4 novembre 1979, tous les employés de l’Ambassade américaine à Téhéran, en Iran, sont pris en otage par des activistes de la Révolution iranienne alors en cours. Ils resteront détenus pendant 444 jours. Tous ? Non, six d’entre eux réussissent à s’enfuir et à se réfugier à l’Ambassade du Canada.
La CIA, aux Etats-Unis, prend vite conscience que le destin de ces six ressortissants risque d’être tragique si elle ne réussit pas à les évacuer au plus vite. L’opération est toutefois extrêmement délicate, les Etats-Unis étant à juste titre accusés par les Iraniens, de leur avoir imposer la dictature du Shah et d’avoir protéger sa fuite, quand il a été renversé. Ce qu’ils ne leur pardonnent pas. Un spécialiste de l’exfiltration, Tony Mendez, propose alors une opération dingue, baptisée Argo. Tellement dingue qu’elle ne peut exister qu’au cinéma !
On ne reconnaît pas tout de suite Ben Affleck qui, avec une barbe fourni et un look très seventies, joue Tony Mendez. Avouons-le tout de suite, ce nouveau rôle lui va très bien. Son nouveau look donne à cet acteur fade, une épaisseur inédite. Et ce n’est pas la moindre bonne nouvelle de ce film au suspens haletant et bien maitrisé. Inspiré d’une histoire vraie, que l’on a un peu oublié depuis et qui fut longtemps tenue au secret, Argo raconte par le menu la puissance de feu des services secrets américains quand il s’agit de sauver leurs ressortissants. Tout semble possible et l’idée la plus folle peut s’avérer la plus salvatrice ! Mais, pas seulement ! C’est aussi celle qu’une nation toute entière est prête à mettre en œuvre pour sauver ne serait-ce qu’un seul d’entre eux, chacun y contribuant avec son talent et à sa mesure.
Et justement, là où Ben Affleck, le réalisateur cette fois, est subtil, c’est que ce patriotisme latent n’est jamais abordé frontalement, mais toujours sous-entendu. Lui préfère privilégier l’action et le suspens pour nous plonger au cœur de cet enjeu géopolitique. Du coup, on se passionne pour cette histoire loufoque…. Jusqu’à l’ultime scène, totalement superflue, où Ben Affleck ne peut s’empêcher de jouer le père de famille idéal. A part cette maladresse (qu’on en a plus que marre de pardonner !), le film vaut vraiment le détour et hisse Ben Affleck dans la cour des réalisateurs américains à surveiller. De très près.
2012– USA – 1h59
La note Cine-Woman : 3/5
Un explorateur découvre la patte d’un animal étrange au Brésil. Il regroupe une équipe complète de scientifiques pour l’aider à retrouver l’origine de cette créature inconnue. L’expédition part donc dans les zones les plus reculées de l’Amazonie pour mettre la main sur le fossile de l’animal ou tout élément prouvant son existence.
Bientôt, le bateau et ces chercheurs se retrouvent bloqués au dessus du lac noir, dont personne n’est jamais ressorti vivant. Là, ils s’aperçoivent qu’un homme poisson hante le lac. Il serait même capable de décimer l’équipage, sauf Kay (Julie Adams), la charmante petite amie d’un des membres de l’expédition. Une chasse est organisée… Comme King Kong, mais dans les profondeurs sous-marines, l’étrange créature du lac noir de Jack Arnold est un film de monstres mythiques qui en a, depuis, inspiré des dizaines. Comme l’immense gorille rapporté à New York, l’homme-poisson est très dangereux… quand il n’est pas fasciné par les femmes. L’une des plus belles scènes est d’ailleurs celle d’une nage en duo, Kay à la surface, lui au fond de l’eau dans un ballet saisissant et visuellement époustouflant. A (re)découvrir en noir et blanc, dans cette nouvelle version restaurée avec soin et en 3D pour la somptueuse beauté sous-marine et l’incongruité d’une histoire d’amour hors norme.
1954 – USA -1h19
En partenariat avec Grains de sel
Pourquoi ce James Bond est mauvaisAvec plus de 4 millions d’entrées en deux semaines, c’est sans doute suicidaire de vouloir expliquer pourquoi Skyfall est un des plus mauvais de la séries des James Bond. Mais voilà, comme la déception a été à la hauteur de l’attachement passé à ce héros du XXème siècle, il devient primordial d’expliquer pourquoi ce James Bond n’en est pas un, et surtout pas un bon.
007, c’est un agent secret, donc une sorte de militaire à la solde de sa hiérarchie, payé pour tuer, répondre aux ordres, enfin surtout pas pour avoir des états d’âme. Et cela quelque soient les désordres qui ont peuplé sa vie. Ca fait 22 épisodes qu’il tue à tout va, parfois même des personnes qui lui sont chères (cf. Casino Royale) et qu’il ne s’en porte pas plus mal. Donc, premier théorème : un James Bond ne souffre aucune psychologie. L’inverse serait un contre-sens total.
Deuxio : James Bond est certes un bourrin, mais il a aussi une once de dandysme anglais qui lui vaut une sacrée réputation auprès des femmes. Quand un cul passe, il hésite toujours entre poursuivre sa mission ou bien suivre sa proie. Heureusement, elles vont souvent de pair ! Ce qui nous a valu quelques James Bond Girls savoureuses, évidemment plus recrutées sur leur plastique que sur leur QI (mais un axiome ne se discute pas), quelques répliques hyper-misogynes… Justement, on l’aimait lui parce qu’il n’était pas parfait. Dans Skyfall, à part deux misérables scènes pas torrides du tout, le sexe et l’érotisme sont relégués dans une dimension stratosphérique. Et ce n’est pas la vague allusion aux penchants gay des deux héros (on croit rêver!) qui rachète l’ensemble. Bien au contraire.
On passe aussi sur l’absence total d’humour, ce qui ne gâchait pas la fête auparavant, sur l’absence de destinations idylliques et de lieux complètement incongrus qui nous faisaient rêver, sur l’absence de dialogue… Franchement, même si j’aime de moins en moins Daniel Craig, vénéré à l’époque de Layer Cake, il sait apprendre un texte, non?
Le pire, pourtant, est encore à venir. Le pire, c’est l’absence d’un enjeu fort, d’un méchant ambitieux complètement mégalo du genre je fais sauter la planète si vous m’arrachez un cheveu. Ici, rien. A peine une vague piste esquissée au départ, celle d’un vague réseau de terroriste international genre Al-Qaïda, un réseau à plusieurs têtes dont M aurait malencontreusement égaré la liste! (en fait, celles des membres du MI6 infiltrés, quelle faute de goût!). On en voit quelques uns défiler sur un écran et puis, fini. Basta. A dégager! Pile au moment où l’on croyait sillonner la planète à leur recherche avant de découvrir qu’ils étaient tous manipulés par un grand esprit. Raté, le méchant (brillant Bardem, quand même) n’a juste pas supporté une brimade professionnelle et a décidé de se venger de son ex-chef.
On arrive alors péniblement à un règlement de compte entre deux ex-collègues qui ont mal digéré leur oedipe, chacun revendiquant une sorte de relation filiale avec la fameuse chef de service. Sans aucune autre ambiguité, sans aucune fausse piste, rien. Donc, Bond tend un piège à l’autre, qui fonce dedans tête baissé, et l’un comme l’autre se tire dessus jusqu’à ce que mort s’ensuive. Au secours!
C’était sans doute une grave erreur de confier un film d’action si codifié à un très bon réalisateur de films d’auteur. Sam Mendès est un grand quand il réalise American Beauty ou Les noces rebelles. Mais, pas James Bond.
Si c’est ça, la nouvelle tendance, le nouveau style des 007, vivement qu’il meurt et laisse sa place à 008!
La note Cine-woman : 2/5
Lili, une poule pondeuse s’échappe de sa batterie dans l’espoir de vivre au grand air. Un colvert la prend sous son aile mais il est bientôt tué par une belette, laissant derrière lui un caneton prêt à éclore. Lili décide de le couver puis de l’élever. Mais, un canard peut-il avoir une poule comme maman ?
Adapté d’un livre très célèbre en Corée, cette histoire n’est pas très éloignée de celle du vilain petit canard et prône de la même manière la tolérance et l’altruisme. En rupture avec cette quête d’harmonie, les dessins sont anguleux et les couleurs parfois criardes. Un peu comme les voix utilisées pour le doublage. Il faut s’habituer pour apprécier au mieux cette généreuse leçon de vie, portée par des personnages pétillants.
2011 – Corée – 1h33
En partenariat avec Grains de Sel
La note Cine-woman : 2/5
Avant d’être un réalisateur prolixe et adulé de tous (sauf de moi !) , Tim Burton a été un enfant solitaire qui a longtemps préféré la compagnie de son chien à celle des gamins de son âge. Il a grandi à Burbank, en Californie, où il passait son temps libre à voir des films, d’horreur souvent, en particulier Frankenstein de James Whale avec Boris Karloff, qui date de 1931, à dessiner des personnages bizarres et à essayer de fabriquer des petits courts métrages en super 8. Avec son fidèle chien comme héros.
Comme Victor, le personnage principal de Frankenweenie, qui voue une affection sans limite à Sparky. Quand celui-ci meurt accidentellement, le monde de Victor s’écroule… jusqu’au jour où, à l’école, un nouveau professeur explique à sa classe comment récupérer l’énergie dégagée par la foudre. Il ne lui en faut pas plus pour tenter de redonner vie à son Sparky adoré. Mais, un chien mort-vivant, ce n’est pas banal dans une banlieue tranquille américaine…
Evidemment Tim Burton a un univers extrêmement personnel, et ce n’est pas si fréquent. Evidemment, il est audacieux aujourd’hui (enfin, un peu moins depuis Michel Hazanavicius et The Artist) de faire un film en noir et blanc), surtout quand il s’adresse aux enfants. Evidemment que ça l’est encore plus quand il s’agit d’un film d’horreur et que Burton ne cache aucune référence à son film de chevet cité plus haut. Mais, justement, d’un grand metteur en scène, on est en mesure de lui demander beaucoup sans aucune indulgence. Alors, Monsieur Burton, pourquoi n’avez vous pas embaucher un bon scénariste pour vous aider ? Car, effectivement, sur la longueur du court-métrage qu’il était au départ, Frankenweenie tenait ses promesses. Mais là, franchement, on était en droit de vous demander de ne plus étirer vos histoires mais de les construire avec plus de minutie, de surprise aussi. Merci donc, la prochaine fois, de ne plus simplement surfer sur votre goût gothique largement partagé mais de vous concentrer pour construire un récit du début jusqu’à la fin et sans facilité trop grossière.
2012 – Etats-Unis – 1h27
En partenariat avec Grains de Sel
La note Cine-Woman : 4/5
Le fils Courge a toujours vécu dans la forêt, seul, avec son père, un colosse qui lui a expliqué que le monde s’arrêtait à la lisière du bois et qu’il était strictement interdit de franchir cette frontière. Mais, un jour, Père est blessé et le fils Courge n’a d’autre choix qu’aller chercher de l’aide. Il découvre un village voisin habité par des humains comme lui, un village qui semble bien connaître son père. En se frottant au monde civilisé, le fils Courge va lever le voile sur une partie de sa vie… Si la quête de l’amour paternel est un sujet récurrent des dessins animés, elle prend ici une dimension très impressionnante. Parce que le fils Courge est un enfant sauvage mais pas idiot, qui se retrouve dans une étrange relation de survie et de dépendance. Tout le reste, les dessins, les dialogues, les situations, les personnages et même les voix, sont, eux, profondément originaux et poétiques, navigant à loisir entre le réel et l’onirique. Si Le jour des Corneilles est un film magnifique, son histoire est dure. Pas triste, mais à réserver vraiment aux plus de 7 ans.
2012 – France – 1h36
En partenariat avec Grains de Sel