It follows de David Robert Mitchell a reçu le Grand Prix du 22e festival du film fantastique de Gérardmer. Déjà très plébiscité à Toronto et à Deauville, l’opus s’annonçait comme le film le plus fort de la compétition. Les prédictions ont donc eu raison.
Timbuktu et son réalisateur Abderrahmane Sissako, tous les deux primés, sortent grands vainqueurs de cette 20e édition de l’Académie des Lumières. Une vraie reconnaissance pour ce film magnifique, d’une criante et cruelle actualité et très injustement écarté du palmarès de Cannes 2014.
Un palmarès cohérent
La cérémonie de remise des prix s’est déroulée le lundi 2 février 2015, à l’Espace Cardin, a couronné, une fois de plus, le choix des correspondants de la presse étrangère en poste à Paris. Un palmarès une fois de plus très pertinent, à découvrir ci-dessous.
MEILLEUR ACTEUR Gaspard Ulliel dans Saint Laurent de Bertrand Bonello
MEILLEURE REVELATION FEMININE Louane Emera dans La Famille Bélier d’Eric Lartigau
MEILLEUR REVELATION MASCULINE Kevin Azaïs dans Les Combattants de Thomas Cailley
PRIX HEIKE HURST DU MEILLEUR PREMIER FILM
Les Combattants de Thomas Cailley
MEILLEUR FILM FRANCOPHONE Deux jours, une nuit de Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne, Belgique-France-Italie
PRIX SPECIAL DE L’ACADEMIE Bande de filles de Céline Sciamma
PRIX TECHNIQUE CST DE LA MEILLEURE PHOTO Remy Chevrin (AFC) pour A la vie de Jean-Jacques Zilbermann
Etaient notamment présents à la cérémonie : Claudia Cardinale, Sylvie Pilat, productrice de Timbuktu, Carole Laure, Yamina Benguigui, Jeanne Balibar, Salomé Stevenin, Pascal Greggory, Jean-Pierre Mocky, Samuel le Bihan, Helena Noguera, Charlelie Couture, Catherine Jacob, Victoria Abri et la plupart des lauréats.
Un rendez-vous incontournable du cinéma français
Ces prix, imaginés conjointement par Daniel Toscan du Plantier, incontournable producteur et ayant occupé à peu près tous les postes institutionnels du cinéma français, de la présidence du CNC à celle d’Unifrance, et Edward Behr, journaliste britannique, ancien rédacteur en chef culturel de l’édition internationale de Newsweek, ont perduré et honoré la plupart des films importants du cinéma français de ses 20 dernières années.
Ont notamment été sacrés meilleur film français : La Haine de Mathieu Kassovitz en 1996, Le fabuleux destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet en 2002, Les Choristes de Christophe Barratier en 2005, De battre mon coeur s’est arrêté de Jacques Audiard en 2006, The Artist de Michel Hazanavicius en 2012, Amour de Michael Haneke en 2013…
Les Lumières qui organisent aussi depuis 3 ans, des Rencontres Francophones, se poursuivent au Ciné 7 à Elancourt. Cette année et en partenariat avec l’Institut International de l’Image et de Son (3IS), elles rendent hommage à la cinématographie marocaine.
Snow Therapy de Ruben Östlund ausculte au scalpel comment un couple, une famille éclate. A cause d’un rien qui pourtant signifie beaucoup, l’essentiel même.
Il s’ouvrira avec Nobody wants the night d’Isabel Coixet, avec Juliette Binoche, Rinko Kikuchi, Gabriel Byrne… Ce film concourt pour l’Ours d’Or.
Sont aussi en compétition officielle :
Aferim! de Radu Jude (Everybody in Our Family) avec Teodor Corban, Mihai Comanoiu, Cuzin Toma, Alexandru Dabija – Roumanie / Bulgarie / République tchèque.
El botón de nácar (The Pearl Button) de Patricio Guzmán (Nostalgie de la lumière)- documentaire. France / Chili / Espagne.
El Club (The Club) de Pablo Larraín (No) avec Roberto Farias, Antonia Zegers, Alfredo Castro… – Chili.
Ten no chasuke (Chasuke’s Journey) de Sabu (Kanikosen, Dead Run), avec Ken’ichi Matsuyama, Ito Ohno… – Japon.
Vergine giurata (Sworn Virgin) de Laura Bispuri, avec Alba Rohrwacher, Lars Eidinger, Flonja Kodheli… – Italie / Suisse / Allemagne, Albanie / Kosovo. Premier film.
45 Years by Andrew Haigh (Week-end), avec Charlotte Rampling, Tom Courtenay… – Royaume-Uni.
Als wir träumten (As We Were Dreaming) de Andreas Dresen, avec Merlin Rose, Julius Nitschkoff, Joel Basman… – Allemagne / France.
Body de Malgorzata Szumowska, avec Janusz Gajos, Maja Ostaszewska, Justyna Suwala… – Pologne.
Cha và con và (Big Father, Small Father and Other Stories) de Phan Dang Di, avec Do Thi Hai Yen… – Vietnam / France / Allemagne / Pays-Bas.
Eisenstein in Guanajuato de Peter Greenaway, avec Elmer Bäck, Luis Alberti… – Pays-Bas : Mexique / Belgique / Finlande.
Ixcanul (Ixcanul Volcano) de Jayro Bustamante, avec María Mercedes Coroy, María Telón, Manuel Antún, Justo Lorenzo, Marvin Coroy… – Guatemala / France – Premier film
Journal d’une femme de chambre de Benoit Jacquot, avec Léa Seydoux, Vincent Lindon, Clotilde Mollet, Hervé Pierre, Vincent Lacoste… – France / Belgique.
Knight of Cups de Terrence Malick, avec Christian Bale, Cate Blanchett, Natalie Portman… – USA.
Pod electricheskimi oblakami (Under Electric Clouds) d’Alexey German, avec Louis Franck, Merab Ninidze, Viktoriya Korotkova.. – Russie / Ukraine / Pologne.
Queen of the Desert by Werner Herzog, avec Nicole Kidman, James Franco, Damian Lewis , Robert Pattinson… – USA.
Taxi de Jafar Panahi, avec Jafar Panahi… – Iran.
Victoria de Sebastian Schipper, avec Laia Costa, Frederick Lau, Franz Rogowski, Burak Yigit… – Allemagne.
Yi bu zhi yao (Gone with the Bullets) de Jiang Wen, avec Wen Jiang, You Ge, Yun Zhou, Qi Shu, Huang Hung… – Chine / USA / Hong Kong.
Hors compétition :
Elser (13 Minutes) de Oliver Hirschbiegel (La chute) avec Christian Friedel, Katharina Schüttler… – Allemagne.
Every thing will be fine de Wim Wenders, avec James Franco, Charlotte Gainsbourg, Marie-Josée Croze – Allemagne / Canada / France / Suèden / Norvège
Cendrillon de Kenneth Branagh, avec Cate Blanchett, Lily James, Richard Madden, Stellan Skarsgård, Helena Bonham Carter… – USA.
Mr. Holmes de Bill Condon, avec Ian McKellen, Laura Linney, Milo Parker – Royaume-Uni.
Les autres productions ou co-productions françaises attendues :
Sélection Panorama / documents :
Je suis Annemarie Schwarzenbach de Véronique Aubouy
Une jeunesse allemande de Jean-Gabriel Périot
Au Forum :
Ce gigantesque retournement de la terre de Claire Angelini.
Le dos rouge d’Antoine Barraud.
Exotica, Erotica, Etc. de Evangelia Kranioti.
La nuit et l’enfant de David Yon
La sirène de Faso Fani de Michel K. Zongo.
Thamaniat wa ushrun laylan wa bayt min al-sheir (Twenty-Eight Nights and A Poem) de Akram Zaatari.
Viaggio nella dopo-storia de Vincent Dieutre.
Histoire de Judas de Rabah Ameur-Zaïmeche
Hotline by Silvina Landsmann.
Perspektive :
Im Sommer wohnt er unten (Summers Downstairs) de Tom Sommerlatte, avec Sebastian Fräsdorf , Alice Pehlivanyan, Karin Hanczewski, Godehard Giese, William Peiro
A noter :
l’avant-première mondiale de Fifty Shades of Grey de Sam Taylor-Johnson avec Dakota Johnson and Jamie Dornan, le 11 février.
la rétrospective et l’Ours d’honneur à Wim Wenders
l’hommage à Francesco Rosi.
Le palmarès sera dévoilé le dimanche 15 février, l’Ours d’or et les autres prix seront choisis par un jury dirigé par Darren Aronofsky.
Parce que la liberté de la presse et la liberté d’expression sont des droits fondamentaux garantis par la Constitution de la Ve République, dans son préambule, qui fait directement référence à :
La Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789 :
Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.
La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 :
Art. 19. Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.
Parce que Cine-Woman est réalisé et alimenté par une journaliste. Carte de Presse n°70083, une Charlie quoi.
Chaleureuses pensées aux proches et aux familles des victimes de l’attaque de Charlie Hebdo.
Angelina Jolie est une guerrière. Dans ses films comme dans sa vie. Comme Lara Croft ou Mme Smith, qu’il s’agisse de se constituer une famille ou de prévenir un cancer du sein, pour elle, la meilleure défense est toujours l’attaque.
En guerre
Le premier long métrage qu’elle a réalisé, Au pays du sang et du miel, traitait de la relation impossible entre une bosniaque et un soldat serbe durant la guerre de Bosnie. Sous couvert d’une protection, la femme devenait la maîtresse d’un de ses ennemis. Et même si elle l’avait aimé avant guerre, les circonstances avaient rendu cet amour inconvenant, insupportable.
Invincible, Unbroken en VO, son deuxième film en tant que réalisatrice, raconte le destin à peine croyable de Louis Zamperini.
Une bonne et une mauvaise nouvelle
Beau jeune homme un poil rebelle, immigré italien de la deuxième génération, Louis remporte une médaille de bronze lors des JO de Berlin, en 1936, alors qu’il n’était même pas favori.
Son espoir d’enrichir son palmarès sportif aux prochains Jeux Olympiques, prévus à Tokyo, se heurte à la seconde guerre mondiale où il sévit comme bombardier sur le front pacifique. Une de ses missions échoue. Il se retrouve naufragé sur un canot pneumatique, dérive pendant 45 jours avant d’être finalement sauvé par l’armée japonaise.
Enfermé dans un camp de prisonniers qui relève plus du camp de redressement, il devient la bête noire d’un officier du camp. Tour à tour humilié, battu, laissé pour mort, il survit à tout miraculeusement. Libéré, il passera le reste de sa vie à pardonner.
Fascinée par l’ultra-violence
Le vrai Louis Zamperini est mort en 2014, non sans être retourné au Japon, pays de malédiction pour lui, et y avoir couru les 5000m à Tokyo, à l’âge de 88 ans.
Destin hors du commun, Louis Zamperini, homme peut-être pas invincible mais au tempérament en acier trempé, méritait sans doute un biopic. Mais celui qu’Angelina Jolie lui consacre pose question. Très démonstratif, il aborde sans subtilités mais avec au moins au début un art certain de l’ellipse, l’incroyable force mentale de cet homme, sans jamais essayer d’en expliquer les raisons.
Son film finit par devenir un succession de sévices et d’humiliations, tous montrés face caméra, dans un acharnement qui ne laisse place à aucun recul, aucune remise en cause. Comme si Angelina Jolie était littéralement fascinée par cette ultra-violence. Rien dans la réalisation ne cherche à éviter cette démonstration. Rien et surtout pas la musique assourdissante d’Alexandre Desplat, qui renforce encore cette surenchère inutilement.
La faiblesse du film n’est pas son manque de talent. Les frères Coen, Richard Lagravenese et Willam Nicholson ont écrit un scénario sérieux, documenté, à partir du livre de Laura Hillenbrad. Le jeune Jack O’Connel, à peine remarqué dans Les poings contre les murs et le dernier opus de 300, tient bien son rôle, jouant de son physique avantageux et sportif. Non c’est une question d’éthique et de volonté d’asséner qui choque, lasse et finalement va à l’encontre d’un personnage qui aurait mérité qu’on le traite avec tact et générosité.
D’Angelina Jolie, avec Jack O’Connall, Domhall Gleeson, Miyavi…
Le film commence comme un coup de poing. Richard Dane, père de famille bien sous tous rapports, abat un homme qui a pénétré chez lui, une nuit. La police de la petite ville du Texas où il habite est particulièrement efficace. Le cambrioleur est aussi vite identifié qu’il est enterré.
Cadavre extra
Richard assiste à ses funérailles. De loin. Il est alors pris à parti par le père du cambrioleur, bien décidé à lui pourrir la vie à lui et à sa famille. Transi par la peur, Richard découvre bientôt que son cambrioleur n’est pas du tout celui qu’il croit…
C’est à un polar à tiroir, comme le sont certaines charades, que l’on assiste ici. Un polar sombre, parfois glauque même, mené tambour battant dans une première partie extrêmement efficace, où la vérité se dérobe à chaque fois qu’elle semble acquise.
Super viril
Evidemment, Richard n’en sortira pas indemne, mais enrichi d’une amitié hors pair, virile, super virile même, et en même temps plein de doute sur les institutions qui l’entourent et étaient censés le protéger.
La seconde partie, après le rebondissement principal, n’est pas aussi bien construite, aussi profonde que la première. Là, Jim Mickle se laisse aller à une démonstration morale moins intéressante que la partie très réussie où le doute accapare un homme pourtant sûr de son fait.
So 1980’s
Du coup, le film finit comme une sorte de jeu vidéo où la seule valeur en cours est la virilité, sans qu’aucun sentiment qui vaille ne vienne mettre en doute ce code d’honneur masculin. C’est un peu court et franchement décevant, même si fidèle au roman « Juillet de sang » de Joe R. Lansdale dont le film est adapté.
La réalisation de Jim Mickle reste pourtant convaincante, forte d’une reconstitution parfaite de la fin des années 1980 et d’un casting au diapason : Don Johnson et Sam Shepard, figures tutélaires de l’époque, l’un avec Miami Vice, l’autre en endossant une fois encore l’Etoffe d’un héros, mais aujourd’hui passés de mode qui donnent la réplique à Michael C. Hall, révélé plus récemment dans la série Dexter.
Belle idée, qui se reflète dans leur jeu un peu outrancier, renfermé et taiseux à l’extrême pour Shepard, bling bling pour Don Johnson, mais qui donne une couleur singulière et inattendu à ce polar pur jus.
De Jim Mickle avec Michael C. Hall, Sam Shepard, Vinessa Shaw, Nick Damici, Don Johnson….