Suite Française
Saul Dibb signe une adaptation réussie de Suite française, le roman posthume et inachevé d’Irène Némirovsky. Et montre l’exode, l’Occupation et la guerre au féminin.
Saul Dibb signe une adaptation réussie de Suite française, le roman posthume et inachevé d’Irène Némirovsky. Et montre l’exode, l’Occupation et la guerre au féminin.
Et l’on retrouve avec intérêt et impatience Tris et son amoureux Four. Tous deux sont Divergents et devront lutter contre les factions rivales pour sauver Chicago et le monde. Voilà Divergente 2… en attendant la suite.
Tokyo fiancée est la troisième adaptation d’un livre de l’écrivaine belge. Amélie Nothomb est-elle soluble au cinéma? Ses livres peuvent-ils faire de bons de films?
Chelli raconte comment la dépendance affective de deux soeurs peut transformer un handicap mental en un handicap social. Un premier film juste du monteur israëlien Asaf Kormann.
Loin de mon père, le nouveau film de Keren Yedaya traite d’un inceste père-fille de manière frontale. En analysant aussi les inévitables conséquences. Glaçant mais indispensable.
La Duchesse de Varsovie étonne plus par son dispositif scénique étrange mais raté que par son propos. Il y est question d’une grand-mère qui se raconte à son petit-fils et le sort ainsi de sa léthargie créative.
Avec Les merveilles, la réalisatrice italienne Alice Rohrwacher remporte le Grand prix du Festival de Cannes 2014. Et s’impose comme une des figures à suivre du cinéma italien naturaliste et féministe.
Bien sûr que le prolétariat est un terrain inépuisable. Mais, qu’est-ce que les frères Dardenne qui le filment depuis des décennies, ont-ils encore à dire de neuf sur le sujet ? C’est l’un des enjeux de leur neuvième long métrage de fiction : Deux jours, une nuit. Avec une nouveauté de taille. Pour une fois, ils confient le premier rôle à un star internationale confirmée (et non à une actrice en devenir) : Marion Cotillard, qui joue Sandra.
Brigitte Fontaine est tout à la fois une énigme et une rareté. Le beau documentaire que lui consacrent Benoît Mouchard et Thomas Bartel éclaire un peu cette créatrice audacieuse
En 1950, Billy Wilder tourne « Boulevard du Crépuscule », sublime film qui ausculte, à travers le destin et les névroses d’une ancienne star du muet, les démons du système hollywoodien. Lui y est arrivé au milieu des années 1930 comme scénariste et talent désormais indésirable en Europe.
Il ne lui a fallu que quelques années pour y percer et en 1950, le cinéma lui doit déjà quelques films incontournables qu’il a soit scénarisés, soit réalisés : « Ninotcha », « Assurance sur la mort », « La valse de l’empereur », « la scandaleuse de Berlin ». Doué d’une intelligence exceptionnelle (tous ses films le prouvent), Billy Wilder n’a eu besoin que de quelques années pour comprendre que les chimères de l’univers dans lequel il évolue et pour se donner les moyens de le critiquer ouvertement mais subtilement.
Il faut croire que le sujet le hante, car en 1978, pour son avant-dernier film, il s’y attaque à nouveau avec la même hargne, la même violence rentrée. « Fedora » traite du même thème que « Boulevard du Crépuscule », mais en négatif. Et la désillusion est encore plus cruelle.
Barry Detweiler, un producteur fauché tente de se refaire en proposant un rôle, l’ultime rôle, à celle qui fut en son temps la star des stars, Fedora. Mais, depuis des années, l’actrice vit retirée de tout et de tous dans une maison isolée et inviolable sur une petite île proche de Corfou. Barry brave les obstacles et les interdits pour tenter de la rencontrer. Il finit par parvenir et ce qu’il y découvre est encore pire que ce qu’il aurait pu imaginer…
Bien moins connu que les autres films de Wilder, Fedora revient donc aujourd’hui en version restaurée. La couleur un peu passée de la fin des années 1970 lui donne un charme suranné. Le réalisateur a aussi un peu perdu le sens du rythme qui donna un tempo formidable à ses comédies. Mais, son propos est tellement puissant, son histoire tellement cruelle que, même si son talent est un peu fatigué, (Wilder le tourne à 72 ans et s’est épuisé à le faire financer – il n’a trouvé de l’argent qu’en Europe, ce qui fait de Fedora son film tardif le plus européen- ), Fedora reste un grand film qui mérite dix fois qu’on s’y attarde. C’est aussi un des grands rôles de Marthe Keller, qui, bien que dissimulée, brille de toute sa beauté dans les scènes dévoilées et soutient presque la comparaison avec Greta Garbo, dont la véritable histoire aurait inspiré ce chant du cygne à Wilder.
1978 – RFA/France – 1h50