Riposte féministe

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Vous avez sûrement remarqué ces messages féministes collés sur les murs des rues. Ils sont le fait de « colleuses » des groupuscules de jeunes femmes engagées que les réalisateurs Marie Perennès et Simon Depardon sont allés rencontrer et filmer pour leur documentaire Riposte féministe.

La rue est (enfin ) à elles

« Le sexisme est partout. Nous aussi » est un des slogans les plus populaires chez les colleuses. D’autres égrainent les prénoms des victimes de féminicides -123 depuis début 2022 comme l’ont rappelé les colleuses sur les marches du Festival de Cannes, le 22 mai -. Ou encore « la révolution sera féministe ou ne sera pas », «  mon corps, mon choix et ferme ta gueule ! ».

Riposte feministe de Marie Perennès et Simon Depardon - Cine-Woman

Les colleuses s’invitent dans l’espace public avec des slogans décapants

Elles sont des centaines à travers la France et parfois dans des petites villes comme Montbrison ( 15000 habitants). Selon Riposte féministe, il existe 200 groupes en France et les réalisateurs sont allés à la rencontre de dix. Ils les filment quand leurs membres -en quasi totalité des jeunes femmes- discutent, se réunissent ou préparent leurs actions : ces collages nocturnes qui ne sont pas du goût de tous. Elles prennent des risques en collant, celles de se faire condamnées à 135€ d’amende par la police, de voir leurs messages aussitôt arrachés ou de se faire agresser, attaquer par les machos qu’elles dénoncent.

Rendre visible l’invisible

Mais coller les rend fortes et leur permet de reprendre une place dans un espace public où elles n’en ont habituellement pas. L’une des colleuses de Marseille l’explique très bien : « Les hommes passent leur temps à marquer leur territoire ». Et cela qu’ils soient graffeurs, architectes qui posent leurs plaques sur les immeubles qu’ils ont construits ou hommes politiques. Rappelons que seulement 2% des rues portent le nom de femmes quand la proportion des statues qui les honorent est encore plus faible.

Riposte feministe de Marie Perennès et Simon Depardon - Cine-Woman

Des colleuses de Marseille

En affichant ainsi, elles opposent au regard de tous et surtout de ceux qui ne veulent pas voir ces données invisibles de la société. « On rend l’invisible visible que cela plaise ou non » confirme l’une d’elle. De fait, elles refusent ainsi la proposition de Laurence Rossignol, sénatrice et ancienne ministre des droits des femmes du gouvernement Hollande, de leur donner un mur d’expression. Non, leurs propos sont plus forts surtout quand ils ne sont ni attendus, ni invités.

Riposte féministe ou donner la parole (et écouter)

Une fois de plus, ces (jeunes) féministes ont inventé un moyen d’expression qui, selon elles, leur donne une force inouïe : celles de revendiquer une place qui ne leur était pas donnée, en oubliant la peur. Peu de colleuses se confient sur leurs motivations personnelles à rejoindre ces mouvements. Celles qui le font parlent de violences, de fragilité ou d’identité sexuelle à affirmer. Riposte féministe n’explique pas non plus comment ces groupuscules ont surgi, se sont diffusés, s’ils sont connectés entre eux, ni comment on les rejoint. C’est dommage. On ne les voit pas non plus choisir leurs messages, y réfléchir, en discuter quand on les regarde plusieurs fois se démêler avec la colle.

Riposte feministe de Marie Perennès et Simon Depardon - Cine-Woman

A paris, la révolte est plus violente

On prend en tous cas conscience que les ignorer les poussera à plus de radicalité. L’un de leurs slogans les plus forts n’est-il pas  « Le patriarcat est violent, sa destruction le sera aussi » ?

Documentaire de Marie Perennès et Simon Depardon, avec la voix deMarina Foïs

2022 – France – 1h27

Riposte féministe de Marie Perennès et Simon Depardon était présenté en séance spéciale dans la sélection officielle du Festival de Cannes. Il concourt à ce titre à l’Oeil d’Or. Sa sortie en salle est prévue le 9 novembre 2022. 
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