Jem et les hologrammes

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Mais pourquoi sortir en salle Jem et les hologrammes  quand le film a près de 25 ans de retard et a été un tel fiasco aux Etats-Unis?

Plaisir coupable

Il y a une dizaine d’années, Baptiste Liger, un éminent critique littéraire, spécialiste des adaptations au cinéma et amateur de nanars, m’avait demandé quels étaient mes films-plaisirs coupables. La question m’avait dépitée. J’étais capable de citer 100 chansons, des émissions de TV, des livres même mais aucun film. Soit je les trouvais ir-regardables, soit je trouvais toujours quelque chose à sauver.

Audrey Peebles dans Jem et les hologrammes

Audrey Peebles est Jem

Avec Jem et les hologrammes, j’ai enfin un début de liste, un n°1 du plaisir coupable au cinema. Le film est tellement improbable, d’abord complètement repoussant – j’ai failli partir 10 fois – pour devenir attachant malgré lui, que j’ai fini par être fascinée et par aimer ce dégoût/ attraction qu’il provoque.

Une bande de soeurs

Jem (soyons cool) débute par une séance insupportable de présentation et de portraits. Une jeune fille douce, qui a perdu ses parents, habite avec sa sœur dans un bled pourri de l’intérieur de la Californie. Elle a quitté Los Angeles à la mort de son père pour venir habiter chez sa tante avec ses deux cousines. Les quatre filles ont le même âge mais des personnalités très différentes (et complémentaires évidemment). Toutes ont un talent, la plus douce, celle qui parle, écrit des chansons romantiques et compose sur sa guitare. Ensemble, elles sont hystériques et ont composé un groupe inintéressant.

Jem et les hologrammes

Audrey Peebles et Juliette Lewis

Celle qui est fan de vidéo, de YouTube et de réseaux sociaux met en ligne sa sœur chanteuse et chantant. En quelques heures, la vidéo est un succès quasi national et une productrice tyrannique (Juliette Lewis, eh oui) s’intéresse suffisamment à la jeune chanteuse pour venir la voir dans son bled et le convaincre de signer pour un album.

Jem et les hologrammes, so 1990’s ! 

Étrangement, le film quitte à ce moment-là le 21ème siècle et son monde 2.0 pour basculer dans les années 1990. Car, Jem et les hologrammes fut un phénomène à cette époque-là. Des poupées Hasbro avaient donné lieu à une série TV à succès complètement oublié aujourd’hui. D’où cette question récurrente qu’on se pose pendant les 2 h de la projection : pourquoi avoir fait un long métrage ? Et surtout pourquoi maintenant? Pourquoi le sortir en salle, quand on sait que c’est un des pires bides du cinema us?

Jem et les hologrammes

Jem et les hologrammes en concert

C’est malgré tout injuste de réduire Jem à un film des années 1990. Il l’est pour l’inspiration générale, pour les décors et les costumes de scènes des filles et pour cet autre aspect, plutôt amusant : l’espèce d’énigme qu’a légué son père à Jem avant de mourir à travers un robot incomplet.

Un puzzle temporel

Sinon, concernant son aspect film musical porté par des jeunes filles à voix du genre Miley Cyrus (Hannah Montana) ou Vanessa Hudgens ( High School Musical) qui se transforment en bêtes de scène sur des musiques hyper calibrées et insupportables, il a une bonne dizaine d’années de retard.

Jem et les hologrammes

Jem et les hologrammes

Comme s’il avait été construit, réalisé en multiples étapes ensuite rassemblées comme un puzzle improbable en forçant pour que les pièces s’emboîtent ! Le meilleur exemple de cet effet ? Jem est repérée sur le net pour une balade romantique et sera célébrée dans un style sans aucun rapport. Même le marketing a ses limites.

De Jon M. Chu, avec Audrey Peebles, Juliette Lewis, Barnaby Carpenter, Stefanie Scott, Hayley Kiyoko…

2015 – Etats-Unis – 1h58

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