Sous surveillance

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De Robert Redford

De l’engagement politique, un changement radical d’époque, une course poursuite inégale, des secrets enfouis, un passé qu’il ne fait pas bon découvrir, une sorte de chasse à l’homme à travers tous les Etats-Unis… tous les ingrédients réunis dans ce film donnent envie de le voir, comme on reverrait avec plaisir un film des années 70. Et pourtant…

Le film commence par un acte suicidaire. Sharon Solarz (Susan Sarandon, fait tout pour se faire arrêter par la police. Elle a fait partie d’un groupe de militants radicaux dans les années 1960, les Weather Underground, qui a revendiqué des attentats pour protester contre la guerre du Vietnam, puis vécu dans la clandestinité sous une fausse identité depuis tout ce temps.

Régler son passé

Son arrestation va provoquer des effets en cascade. Jim Grant (Robert Redford), qui vivait tranquille avec sa fille, va soudainement devoir régler un vieux contentieux, révélé un vieux secret, et pour cela repartir sur la piste de ces anciens amis militants qu’ils n’avaient plus revu depuis 40 ans. Pour cela, il va mettre sa vie en danger, le FBI étant à ses trousses ainsi qu’un journaliste local qui a absolument besoin d’un scoop pour continuer à travailler.

Robert Redford dans Sous surveillanceBasé sur des faits historiques, le film est inspiré d’un roman de Neil Gordon. Contrairement au livre qui adoptait le point de vue de la fille de Grant, le scénario est raconté du point de vue du journaliste  sans ampleur qui s’enthousiasme pour cette enquête.

C’est sa première faiblesse, car ce pauvre type, même s’il a des intuitions, n’a aucun moyen pour poursuivre un tel enjeu seul, au nez et à la barbe du FBI. On comprend à peine sa détermination (il risque de perdre son job, ok) et encore moins son obstination. En plus, il est joué par Shia Labeouf qui a le charisme d’une chaussette sale et une palette d’émotions des plus réduites. S’il avait été porté par le regard de la fille Grant, tout eut été changé. Impliquée involontairement dans cette embrouille historique, elle avait effectivement un besoin vital de connaître la vérité. Le journaliste, non.

Nostalgie 1970’s

Lancé sur la piste de Jim Grant, qu’on suit à la semelle, on perd en 10 minutes la situation initiale pour une course-poursuite toute à la faveur de Robert Redford. Certes, il n’a pas perdu grand-chose de sa splendeur. Il sait tenir un film… comme acteur. Comme acteur et réalisateur, c’est beaucoup plus contestable. Du coup, le film vire assez vite dans la caricature (le FBI est à pleurer) mais est régulièrement sauvé par des scènes ou des rencontres d’anthologie qui remettent le niveau hors d’eau. Celle avec Julie Christie, par exemple, ou encore la manière dont Redford échappe au FBI à l’hôtel de New York.

D’un film qui disposait de nombreux ingrédients ainsi que de la nostalgie pour ce qu’il a représenté, Redford ne tire que quelques moments à partager, mais pas un film de grande envergure. Insuffisant !

Avec Robert Redford, Shia Labeouf, Julie Christie, Richard Jenkins, Nick Nolte, Susan Sarandon…

2012 – Etats-Unis – 2h01

©Susie Allnutt

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