Les Tops 5 de Caroline Deruas

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Les femmes et le 7ème art, c’est une longue histoire mal connue. Pour l’honorer, Cine-Woman demande à tou(te)s les 5 films de femmes et les 5 rôles féminins qui les ont marqués. Caroline Deruas,, la réalisatrice de L’Indomptée, nous a confié ses listes.

Les choix de Caroline Deruas

Depuis son enfance à Cannes, Caroline Deruas rêve de film. Son bac de cinéma en poche, elle débarque à Paris, commence par coacher des enfants sur les tournages, tourne des courts métrages et s’essaie à tout un tas de métier (scripte, assistante à la mise en scène etc…). « J’ai appris mon job sur un plateau et honnêtement, je pense que c’est la meilleure école», reconnaît-elle.

Les choix de Caroline Deruas - Cine-Woman

Caroline Deruas au Festival de Locarno où L’indomptée était sélectionné

Pensionnaire à la Villa Médicis, à Rome en 2011-2012, où elle développait un projet encore en cours sur Elsa Morante, Caroline Deruas s’est inspirée de cette expérience aussi inspirante qu’intimidante pour réaliser son premier film. L’Indomptée est en salle depuis le 15 février 2017.

Cine-Woman l’a rencontrée au Festival des ArcsL’indomptée était en compétition. Ensemble, nous avons fait équipe lors d’ un think tank sur la place des femmes dans le cinéma. Naturellement, Caroline Deruas a accepté de jouer le jeu des tops 5. Avec gourmandise. D’ailleurs 5, c’est un peu court pour elle !

Mes 5 films de femmes préférés

1 – Meshes of the afternoon de Maya Deren et Alexander Hammid (1943)

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Maya Deren dans Meshes in the afternoon qu’elle a réalisé

Ce que j’aime le plus c’est l’onirisme et le surréalisme, Je ferais le parallèle avec les films de Cocteau et de Bunuel. Un des films les plus gracieux que je connaisse, un des plus poétiques aussi.

2 – News from home de Chantal Ackerman (1977)

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News from home de Chantal Ackerman

C’est une correspondance entre la réalisatrice et sa mère, bâtie à travers des plans de New York, portés par une voix off géniale. Ce film m’a bouleversée par sa délicatesse et son humanité. Moi aussi j’ai un rapport fort avec ma fille et avec ma mère.

3 – The connection de Shirley Clarke (1961)

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The connection de Shirley Clarke

Ce film est issu du mouvement avant-gardiste de New York. C’est un faux docu dans le milieu du jazz extrêmement libre et une immersion féminine dans un milieu très masculin. C’est un film qui fait un bien fou, qui donne énormément d’énergie.

4 – Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda (1962)

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Corinne Marchand dans Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda

Un objet parfait, un modèle absolu, un des plus grands films qui soit d’une simplicité et d’une légèreté exceptionnelles. Avec une délicatesse dans la manière de filmer et d’aimer son personnage, avec une grâce incroyable.

5 – Un ange à ma table de Jane Campion (1990)

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Kerry Fox est Janet Frame dans Un ange à ma table de Jane Campion

Pour l’amour que Jane Campion porte à l’écrivaine néo-zélandaise Janet Frame, pour la violence de ce que le film raconte et pour Kerry Fox, une actrice exceptionnelle. Un très grand film.

6 – Saint-Cyr de Patricia Mazuy (1999)

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Isabelle Huppert dans Saint Cyr de Patricia Mazuy

Si je peux ajouter un sixième film…

Cinq prestations d’actrices inoubliables

1 – Sylvia Pinal dans Simon du Désert de Luis Bunuel (1965)

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Sylvia Pinal, tentatrice de Simon du désert de Luis Bunuel

L’actrice fétiche de la période mexicaine de Bunuel. Elle joue une tentatrice , une figure diabolique qui prend plusieurs formes (une tentatrice sexuelle, une bergère…) Avec un jeu décalé, d’un humour jouissif et d’une dérision fatale.

2 – Catherine Deneuve dans Liza de Marco Ferreri (1971) et dans Belle de jour de Luis Bunuel (1967)

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Catherine Deneuve animale dans Liza de Marco Ferreri

Dans l’un elle joue la chienne de Mastroianni, dans l’autre une bourgeoise qui se prostitue par plaisir. Catherine Deneuve est une de mes actrices préférées par les choix qu’elle fait. Elle est d’une subversion et d’une intelligence incroyable. Elle n’a aucun tabou, elle n’a pas peur de la mise en danger, ni du plaisir du jeu.

3 – Katharine Hepburn dans The African Queen de John Huston (1951)

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Humphrey Bogart et Katharine Hepburn dans The African Queen de John Huston

Elle joue une méthodiste intégriste missionnaire en Afrique orientale allemande, une femme coincée qui finit par s’autoriser à regarder Humphrey Bogart. Avec lui, elle forme dans ce film un des plus beaux couples d’Hollywood. Là encore avec une intelligence qui s’exprime à travers la dérision et l’humour.

4 – Delphine Seyrig dans Peau d’âne de Jacques Demy (1970)

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Delphine Seyrig, sublime fée des lilas dans peau d’âne de Jacques Demy

Là encore, la dérision, l’humour, le plaisir du jeu s’invitent avec un tel amusement dans l’interprétation que c’est un régal pour le spectateur.

5 – Natalie Wood dans La fièvre dans le sang d’Elia Kazan (1962)

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Natalie Wood ans La fièvre est dans le sang d’Elia Kazan

Elle ose se mettre en totale fragilité, en ultra sensibilité, en danger… On le sent tellement chez elle, comme chez Marilyn Monroe. Deux actrices qui meurent jeunes, qui utilisent la même méthode de jeu avec une réelle mise en danger. Elles se sont tellement offertes à leur art.

6 – Juliet Berto dans Cécile et Julie vont en bateau de Jacques Rivette (1974)

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Juliet Berto dans cécile et Julie vont en bateau de Jacques Rivette

Là encore, l’intelligence du jeu dans l’humour, le plaisir du jeu, l’amusement. Le scénario s’écrivait au jour le jour, et les acteurs se lançaient dans des projets comme ça, c’est impossible aujourd’hui où tous les projets sont montés sur scénario et les acteurs n’acceptent plus une telle mise en danger.

7 – Valeria Bruni-Tedeschi dans Un château en Italie de Valeria Bruni-Tedeschi (2013)

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Louis Garrel et Valeria Bruni-Tedeschi dans Un château en Italie de Valeria Bruni-Tedeschi

C’est une très très grande actrice capable d’une auto-dérision et d’un humour sur elle-même extraordinaires.

© – Hibiscus Films – UIP -Tamasa Distribution -Cine-Tamaris – Marilu Parolini / Les Films du Losange – Guy Ferrandis – SBS Productions

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