La belle époque

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Comment raviver le feu d’une histoire d’amour éteinte? En en rejouant les prémices propose Nicolas Bedos dans La Belle époque, une comédie subtile et fort bien menée. Présenté hors compétition au Festival de Cannes 2019, ce film est une des belles surprises du cinéma français de cette année.

Rejouer la vie

Le début est brutal et maladroit. Un type fait fortune en vendant à des particuliers en manque de sensations fortes des reconstitutions et des ambiances à discrétion. On peut par exemple acheter un dîner raciste grand siècle ou un débat entre nazis.

La belle époque de Nicolas Bedos - Cannes 2019 - hors compétition - Cine-Woman

Marianne (Fanny Ardant) et son amant (Denis Podalydès)

Cet homme sans vergogne est l’ami du fils d’un puriste. Ce père est un dessinateur de BD déprimé et déprimant et d’une psychanalyste pétillante au parler franc. Ils ne supportent plus et Marianne met son vieux mari bougon à la porte.

Retour vers un futur

Un coup de grâce pour Victor qui va accepter de participer à la reconstitution d’une partie de sa vie : la rencontre avec sa femme au cœur des années 1970, dans un monde complètement différent de celui d’aujourd’hui.
La belle époque de Nicolas Bedos - Cannes 2019 - hors compétition - Cine-Woman

Margot (Doria Tillier) et Victor (Daniel Auteuil) : retrouvailles dans les seventies

Sur le papier, La belle époque semble artificiel, une sorte de jeu de construction improbable. D’autant que l’histoire d’amour des parents (Victor et Marianne) se double d’une passion heurtée entre le metteur en scène et l’actrice principale des fameuses scènes reconstituées. À vrai dire c’est le cas. Sauf que Nicolas Bedos réussit à brillamment fluidifier le récit de cette histoire dans l’histoire d’un film en train de se construire dans celui qu’on regarde.

Carré d’as

Une fois passée les quelques scènes d’exposition trop démonstratives, le film prend son envol. Le pari tenu, les personnages bien croqués et la pléiade d’acteurs au top. Fanny Ardant (Marianne) est éblouissante. Daniel Auteuil (Victor), Guillaume Canet (Antoine) et Doria Tillier (Margot) retrouvent tous un jeu à la hauteur du challenge, après des prestations moyennes dans leurs films précédents.
La belle époque de Nicolas Bedos - Cannes 2019 - hors compétition - Cine-Woman

Victor (Daniel Auteuil) manipule Antoine (Guillaume Canet)

Les dialogues sont brillamment écrits – un peu trop peut-être. Les non-dits sur les relations père-fils, sur les différentes époques, sur les faux-semblants -comme dans Monsieur & Madame Adelman, le premier film de Nicolas Bedos -sont signifiants. L’ambiance est si intelligente, réjouissante et amusante qu’on ne peut souhaiter que le film cartonne.

De Nicolas Bedos avec Daniel Auteuil, Fanny Ardant, Guillaume Canet, Doria Tillier…

2019 -France – 1h55
La belle époque de Nicolas Bedos a été présenté hors compétition au Festival de Cannes 2019. Le film devrait sortir en salle le 6 novembre 2019.
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