Les Tops 5 de Jean Ollé Laprune

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Les femmes et le 7ème art, c’est une longue histoire mal connue. Pour l’honorer, Cine-Woman demande à tou(te)s les 5 films de femmes et les 5 rôles féminins qui les ont marqués. Jean Ollé-Laprune, historien du cinéma et directeur de Filmo TV, nous a confié ses listes.

Les choix de Jean Ollé-Laprune

Quand on demande à un historien du cinéma français ses Tops 5 de films de femme, on s’attend… au top. Jean Ollé-Laprune ne nous a pas déçu. Et ça ne lui a pris que quelques heures.

les choix de Jean Ollé-Laprune

Jean Ollé-Laprune

Si vous aimez le cinéma, son nom vous parle forcément. C’est lui qui a créé les chaînes de télévision du bouquet Canal Sat Ciné Premier et Cine Classics, lui encore qui dirige Filmo TV, le seul site de VOD où les films sont présentés par des spécialistes. Co-auteur de Cannes et Claude Lelouch, mode d’emploi avec Yves Alion, Jean Ollé Laprune est aussi à la tête de l’équipe de recherche qui a travaillé avec Bertrand Tavernier pour signer son magnifique Voyage dans le cinéma français.

Mes 5 films de femmes préférés

1 – Mitsou de  Jacqueline Audry – 1956

Les choix de Jean Ollé-Laprune

Danièle Delorme est Mitsou

Jacqueline Audry fait partie des rares femmes cinéastes françaises de la période classique. Elle est surtout une réalisatrice dont la fin de carrière décevante a occulté les multiples réussites précédentes. Adapté de Colette –avec une conclusion néanmoins différente – Mitsou fait partie de celles-ci. Aidée comme souvent par son mari Pierre Laroche, Jacqueline Audry reconstitue les années folles en Eastmancolor et décrit de façon faussement frivole, le passage de l’insouciance à la gravité avec toutes les nuances de la mélancolie.

2 – Not wanted (Avant de t’aimer) d’Ida Lupino et Elmer Clifton – 1949

Rare femme réalisatrice à Hollywood (et par ailleurs star chez Raoul Walsh ou Michael Curtiz), Ida Lupino a signé 6 films entre 1949 et 1953 dont on retient en les revoyant aujourd’hui, moins le caractère social des sujets traités- le viol, l’adultère, le rapport à la mère – que la profonde humanité qu’elle décrit, l’attention portée aux personnages, la tendresse qui s’en dégage. Après des années d’oubli, Ida Lupino réalisatrice revient progressivement en grâce chez nous, merci à l’opiniâtreté de certains cinéphiles (Pierre Rissient) et de manifestations phares (Festival Lumière).

Les choix de Jean Ollé-Laprune

Sally Forrest au centre dans Not wanted

Ida Lupino n’est pas toujours créditée en tant que réalisatrice de ce film. C’est pourtant elle qui l’a réalisé. Elmer Clifton a eu une crise cardiaque au troisième jour du tournage et lui a laissé la caméra. Elle a longtemps refusé d’apparaître au générique autrement que comme scénariste (ndlr).

3 – Saint Cyr de Patricia Mazuy – 2000

Les choix de Jean Ollé Laprune

Isabelle Huppert dans Saint Cyr

Les films de Patricia Mazuy sont rares, donc à apprécier à chaque fois avec discernement… Film en costumes dont les héros/ héroïnes sont Louis XIV, Madame de Maintenon et les futurs élèves de la nouvelle institution qui va les former. Saint Cyr est un film inclassable sur la violence de de l’éducation et les drames que celle-ci véhicule, sur la nécessité de se construire dans l’affrontement.

4 – Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow – 2012

Les choix de Jean Ollé-Laprune

Jessica Chastain dans Zero Dark Thrity

Le succès public du public, les nominations aux oscars, le caractère brûlant du sujet en 2012 (la traque et l’exécution d’Oussama Ben Laden en 2011) ont dissimulé la véritable dimension du film de Kathryn Bigelow, son 8ème : l’érosion du désir, l’effacement de la passion engendré par le travail, l’éloignement du véritable objet de celui, et la frustration qui naît finalement de l’accomplissement du devoir. Dans le dernier plan du film, Jessica Chastain est seule, sans même avoir participé à ce qu’elle a initié. D’autres s’en sont chargés sans état d’âmes.

5 – After the wedding de Susanne Bier – 2007

Les choix de Jean Ollé-Laprune

Sidse Babett Knudsen et Mads Mikkelsen dans After the wedding

Susanne Bier n’est pas à la mode en France. Ses films y sortent de façon régulièrement anonyme. Sa filmographie s’allonge et sa notoriété y stagne en dépit des oscars … Susanne Bier n’hésite pas à prendre ses sujets à bras le corps, sans second degré, sans clin d’œil, sans humour. After the wedding est une forme de mélodrame contemporain avec un cadre moderne mais des ressorts classiques. Madds Mikkelsen, récent méchant de James Bond et de son Casino Royale, y est bouleversant de sensibilité.

© Arte – Universal Pictures International France – Equation

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