Bohemian Rhapsody

Share

Un biopic sur Freddie Mercury, le leader de Queen, par Bryan Singer? Cine-Woman savoure cette Bohemian Rhapsody léchée et rythmée.

Icône pop-rock 

Il voulait être chanteur et débute bagagiste sur les pistes des aéroports de Londres. Farrokh, fils d’une famille perse originaire d’Inde, intègre et traditionnel, écrit déjà des chansons qu’il rêve d’interpréter avec son groupe préféré. Tous sont amateurs. A la faveur du départ de leur chanteur, Farrokh les hissera sur le devant de la scène, de toutes les scènes du monde entier.

Bohemian Rhapsody de Bryan Singer - Cine-Woman

Aux débuts de Queen

Farrokh, devenu Fred, puis Freddie, et Freddie Mercury, a du talent, du répondant et une ambition à revendre. Il se veut rock star et à un tempérament de leader. Il prend donc les rênes du groupe, écrit des chansons, prône l’originalité -leur premier tube, mélange d’Opera et de rock, Bohemian Rhapsody en est la preuve – et sait à peu près respecter ses collègues.

Queen, une machine à gagner

Contrairement aux groupes musicaux d’alors, Queen – du nouveau nom qui leur a trouvé- n’est pas une bande de potes qui se connaissent depuis le lycée et qui se sépareront quand ils ne pourront pas gérer leur succès. Non, Queen est une machine à gagner qui repose sur la complémentarité de ses talents et la force de conviction et le génie de la scène de son leader, Freddie.

Bohemian Rhapsody de Bryan Singer - Cine-Woman

Freddie Mercury, une bête de scène

Mais, Freddie a aussi ses failles : sa famille, ses origines, sa dentition, son entourage aussi. Il tombe d’abord amoureux de Mary Austin, qu’il aimera et le suivra toute sa vie, avant de se rendre à l’évidence. Freddie est gay et finira par l’accepter. Mais, à l’époque, son identité sexuelle l’isole. Il souffre de solitude et préfère sombrer dans la débauche, alors qu’il est au sommet. Il parvient à s’en rendre compte au crépuscule de sa courte vie, mais n’échappera pas au Sida dont il meurt en 1991, à 45 ans.

Bohemian Rhapsody, un biopic haut en couleur

Biopic efficace et intéressant, le film de Bryan Singer laisse – et c’est très bien- une large place à la musique. Quand elle se crée mais aussi quand elle se joue dans des concerts monumentaux. Ce qui donne une bonne idée du phénomène que furent Queen et Freddie Mercury. Télécommandé, paraît-il, par Brian May, le guitariste de Queen et Roger Taylor, le batteur, Bohemian Rhapsody parvient justement à garder un équilibre judicieux entre le groupe, son icône et leader et les autres. Queen c’est Freddie Mercury, mais pas que.

Bohemian Rhapsody de Bryan Singer - Cine-Woman

La solitude du chanteur au fond

La vie privée (sexuelle notamment) de ce personnage haut en couleur est, elle aussi, abordée sans tabou. Pas de manière démonstrative pour que le film reste grand public, mais on comprend à plusieurs reprises que Freddie Mercury était sans limite et un pur produit des années 1980, qui l’ont consacré star. Il a donc goûté tout à tout au mariage, à la débauche, à la solitude, à la trahison voire à la rédemption, même si celle-ci arrive un peu trop tard.

Le sacre de Freddie/Rami

Le tournage ne semble pas avoir été de tout repos. Plusieurs fois retardé, le film a été abandonné par Bryan Singer deux semaines avant sa fin – ce qui en se perçoit pas du tout-. De multiples raisons ont été invoquées, notamment sa mésentente avec Rami Malek, acteur d’origine égyptienne révélé dans La nuit au musée et dans des séries TV (Mr Robot, Gilmore girls). Le comédien, choisi après les retraits de Sacha Baron Cohen et Ben Whishaw, est exceptionnel tant dans le style, les mimiques que par sa présence scénique.

Bohemian Rhapsody de Bryan Singer - Cine-Woman

Au concert de Live Aid qui consacrera le retour de Queen

Les reconstitutions, les maquillages, les costumes… sont eux aussi bluffants et font de ce biopic, sans doute pas la révélation comme a pu l’être Love & Mercy sur les Beach Boys, mais un film bien ficelé, bien rythmé et jamais ennuyeux sur un groupe original qu’on a finalement plus de plaisir à écouter aujourd’hui, par nostalgie, qu’à l’époque de sa gloire.  Don’t stop Queen now !

De Bryan Singer avec Rami Malek, Lucy Boynton, Mike Myers, Aaron McCusker…

2018 – Etats-Unis – 2h15

(Visité 23 fois, 1 visite(s) aujourd'hui)
Share