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Le triangle d’or 

Laura est embauchée au service de la maîtresse d’un prince arabe. Mais, qui est la plus libre dans cet hôtel particulier du Triangle d’or ? En séance spéciale au 79e Festival de Cannes. 

Tout ce qui brille

Le Triangle d’or d’Hélène Rosselet-Ruiz commence par un entretien d’embauche filmé par une caméra de surveillance. Des femmes précaires défilent et une, qui sort immédiatement du lot par sa détermination, est choisie et accepte les conditions. Elle sera corvéable à merci, sans jour de congé, payée en liquide et soumise au bon vouloir de madame. 

Madame (Soundos Mosbah) et Laura (Malou Khebizi), le duo de Triangle d’or

Cette fois, on n’est pas dans la haute bourgeoisie française mais chez un prince arabe qui loge sa belle maîtresse dans un hôtel particulier du 16e arrondissement de Paris. Elle ne peut pas en sortir mais a, pour se distraire, une immense télévision, une panthère noire en captivité, une piscine, une salle de sports et le carnet d’adresse des grands couturiers parisiens. 

Tout ce qu’on cache

Dans ce quasi huis clos, Laura, sa nouvelle domestique, va devoir trouver sa place et accepter une drôle de vie à la merci des appels intempestifs et des caprices du couple, en particulier de madame, odieuse. Apres une humiliation de trop, Laura se rebelle. Elle va comprendre alors qu’elle n’est pas la moins libre des deux.

Hélène Rosselet-Ruiz délaisse les luxueux appartements de la bourgeoisie parisienne pour le somptueux palace d’un prince arabe, et ce déplacement est l’atout maitre du film. Les rapports de domination n’y sont pas tout à fait les mêmes. Ici, la maîtresse, recluse, peut espérer un mariage à condition que la première femme du prince y consente. Un espoir qui a aussi son prix puisque cette maîtresse, condamnée à séduire un homme déjà pris, n’a aucune marge de manœuvre sur sa propre vie. Elle reste dans une position d’attente pour ne pas dire d’ennui, de frustration, de soumission que ne compense en rien l’ultra-luxe des apparences. 

Tout ce qu’on aurait aimer voir (ou ne pas voir)

Le reste n’est malheureusement pas à la hauteur des attentes. On sent affleurer de bonnes idées – tant du point de vue du scénario que de la mise en images- sans que ce soit suffisamment maîtrisé pour emporter une réelle adhésion. L’utilisation des caméras de surveillance par exemple pour filmer avec des angles différents ne crée pas l’effet d’enfermement ou de tension attendu. Dans le récit, le twist impose, certes, un vrai inversement des situations mais sans que l’on parvienne à croire pleinement au changement radical du comportement de Laura. Elle est humaine bien sûr mais aussi présentée à maintes reprises comme portée par un objectif de vie sur lequel cette parenthèse dans l’ultra-luxe ne devrait avoir aucune incidence. Pourquoi se démènerait-elle puisqu’elle a d’autres envies  ?  Enfin, les toutes-dernières scènes sont inutiles. Elles ne font que surligner l’espace de non droit de la vie de ses femmes, ce qu’on avait compris bien avant. 

Saluons toutefois le duo d’actrices qui s’entend à merveille :  Malou Khebizi, remarquée dans Diamant Brut et Soundos Mosbah, toutes deux formidablement présentes à l’écran. 

De Hélène Rosselet-Ruiz, avec Avec Malou Khebizi, Soundos Mosbah, Ziad Bakri, Kassem Al Khoja..
2026- France – 1h30

Le Triangle d’or d’Hélène Rosselet-Ruiz est présenté le mercredi 20 mai 2026, en séance spéciale au 79e Festival de Cannes. Sa sortie en salle est annoncée le 15 juillet 2026. 

©Les Films de Pierre
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