Cine Woman

Yves

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Yves est plus qu’un pote pour Jerem. Et il est sacrément intelligent. Mais la deuxième comédie de Benoit Forgeard jette un froid.

Un buddy movie réfrigérant

Jerem, un adu-lescent mal dégrossi, a récupéré le pavillon de sa grand-mère. Il n’a rien changé à sa mort. Il a seulement installé un studio d’enregistrement dans lequel il s’escrime sur un rap. Ce rap sera le seul morceau de bravoure du film.

Jerem (William Lebghil) et Yves

Jerem vit avec son chien comme un geek. Il boit des bières et bouffe des pizzas… Un jour, So, la belle démonstratrice d’une marque de frigo connecté, le convainc d’en accepter un chez lui. En test. Yves, c’est son nom, ne va pas tarder à devenir indispensable à Jerem. Et bientôt à prendre le contrôle de sa vie et de ses amours.

La femme, cet objet du désir ado

Que Jerem tombe amoureux de SO, pourquoi pas? Qu’elle aussi succombe à ce rappeur raté sans charisme ni talent n’est qu’un pur fantasme de scénariste qui se rêve irrésistible. Car en plus, le personnage de So est écrit avec les pieds. Elle succombe et tombe dans une forme d’un autre âge.

Jerem (William Lebghil), son frigo et son chien

Si la première partie tient à peu près la route – sans grande nouveauté toutefois : qui a encore envie d’aller au cinéma voir ce type de loser ado? -, la seconde est du grand n’importe quoi. Le pire étant cette abominable histoire d’amour, complètement pensé et vu d’un point de vue masculin sans le moindre soupçon de psychologie féminine. Et cela, sans faire cas du personnage secondaire que joue Philippe Katherine, lui aussi complètement has been.

Potache et mal joué

Et si cela ne suffisait pas, la direction des acteurs est pitoyable. Doria Tillier est terriblement maladroite tant elle semble sceptique sur la partition qu’elle a jouée. William Lebghil est transparent, pas du tout charmant. Et même si c’est ce qu’on lui demande, il ne donne aucune ambiguïté à son personnage qui évolue sans aucune profondeur.

Pour So (Doria Tillier), Yves c’est pas champagne tous les jours

Seul, le délire sur l’intelligence artificielle et le cynisme du chef de l’entreprise de frigo sont intéressants et pour le coup, plus audacieux que le reste. Mais comment faire un film critique sur l’A.I en ayant une vision aussi rétrograde des rapports hommes/femmes ? Grace au surmoi démesuré d’un réalisateur qui se croit plus intelligent que son public. Un peu d’humilité et de subtilité  n’auraient pas nui.

De Benoît Forgeard, avec William Lebghill, Doria Tillier, Philippe Katerine…

2019 – France – 1h47

Yves de Benoît Forgead a été présenté en clôture de la Quinzaine des réalisateurs 2019

© Ecce_films_2019
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