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La Gradiva

Une prof emmène sa classe de terminale à Naples et à Pompéi. Un voyage plus initiatique que scolaire. La Gradiva de Marine Atlan est en compétition à la 65e Semaine de la Critique. 

Un saut dans l’Histoire

En latin, la Gradiva signifie la femme qui marche (et ni la gravité, ni la femme enceinte). Le titre a pourtant un double sens que l’on vous laissera découvrir mais qui réunit les histoires parallèles de ce voyage scolaire, au départ sans enjeu. 

Le poids de l’histoire

Une classe de terminale part à la découverte du Vésuve et de sa région. Entre ces presque adultes se jouent des relations humaines qui hantent les couloirs des lycées. Un tel ne calcule plus une telle avec qui il a pourtant couché deux jours plus tôt, une autre est isolée car à la fois trop bonne élève et pas assez jolie – du moins le croit-elle- , un autre se pose en leader du groupe, un autre en premier de la classe et enfin, un dernier, en trublion sensible aux origines napolitaines floues. 

Trouver sa place

A travers une succession de scènes de groupes ou de visites commentées des sites archéologiques,  artistiques ou des rues de Naples, Marine Atlan, chef opératrice réputée qui signe ici son premier long métrage, dessine une géographie et une histoire de relations humaines et de parcours individuels. Elle pose souvent sa caméra sur Tony, le moins bien intégré de la bande. Il a pour copain l’arrogant James, mais se lie peu aux autres, empêtré qu’il est dans une histoire familiale lourde qu’il va finir par construire comme puzzle. Même la prof, pourtant à l’écoute, ne le saisit pas, lui qui peine à rendre ses devoirs soignés et à l’heure. 

Tony et son copain James dans les rues de Naples

En une semaine de temps que dure ce voyage finalement initiatique, le groupe va se charrier, s’engueuler, rivaliser, se découvrir et surtout apprendre à ressentir, à observer, à se positionner par rapport aux autres. Des scènes de vie que la réalisatrice capte avec justesse. Certains sont plus armés que d’autres pour survivre au tourbillon de désir, de sentiments et d’appréhension d’une histoire auxquels ils vont être confrontés. 

Un puzzle dramatique

Habile, la réalisatrice parvient à maîtriser un récit complexe. Elle prend pourtant trop temps à saisir les pièces maitresses de ce voyage, celles qui auront une résonance dans le parcours de ses personnages et aurait gagner à resserrer son récit. D’autant qu’elle s’affiche rapidement fascinée par l’un d’entre eux qui est le seul de la bande dont connait très tôt l’intimité et la fragilité. Le drame qui s’en suit n’en sera que plus éprouvant. 

Saluons aussi la justesse de jeu des jeunes acteurs inconnus qui incarnent ces lycéens et celle d’Antonia Buresi, qui interprète avec douceur et fermeté, cette prof investie et finalement dépassée. 

De Marine Atlan avec Antonia Buresi, Colas Quignard, Suzanne Gerin, Mitia Capellier…
2026 – France/ Italie  – 2h25

La Gradiva de Marine Atlan est en compétition à la 65e Semaine de la critique. En tant que premier film, il concourt à la caméra d’or. Sa sortie en salle est fixée au 4 novembre 2026.

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