Site icon Cine Woman

Gabin

Pendant une dizaine d’années, Maxence Voiseux suit Gabin qui se questionne sur son avenir professionnel et sur ses parents. Touchant. A la 58e Quinzaine des cinéastes.

Que deviendra-t-il ? 

« Moi ce que je veux c’est travailler avec des animaux, mais des animaux vivants, » revendique Gabin, fils de boucher. Il voudrait être fermier comme sa mère, même si le travail est dur et que ça ne rapporte pas assez d’argent. Depuis tout petit, il s’attache à ses vaches, joue avec elles quand elles sont en playmobil. Il les traira en ligne un peu plus tard. Et même si elles partent à l’abattoir pour rejoindre l’étal de son père, Gabin aime les vaches vivantes et admire et aide sa mère sans rechigner. 

Gabin Jourdel et ses vaches

Les relations sont plus tendues avec son père, un homme élevé à la dure par son propre père et bien peu psychologue avec son fils. Sans le lui imposer, il aurait aimé que celui-ci reprenne la boucherie ou à minima qu’il travaille suffisamment bien à l’école. Mais, Gabin est trop sensible. Les exigences de son père le heurtent trop, lui qui recherche de la douceur auprès de tous les êtres qu’il fréquente : sa préceptrice qui l’aide pour l’école, sa mère qui sait déjouer les pièges tendus par son humour et son esprit ouvert, son amie de longue date, son chat, ses vaches etc… 

Un destin bien orchestré 

Maxence Voiseux a suivi au long cours Gabin, ce petit garçon de la campagne artoise dans cette longue quête scolaire et professionnelle. Rien de ses difficultés ou de ses exploits n’est gommé. A travers cette longue fresque se dessine le portrait d’un garçon très sensible, que la brutalité paternelle – le père n’est violent que dans ses jugements et parfois dans ses mots, mais jamais dans ses gestes – finit par définitivement braquer. A l’inverse de cette relation manquée, ratée, l’amour et la compréhension que partagent Gabin et sa mère ont rarement été aussi joliment et simplement montrées dans un documentaire que dans ce premier film. 

Gabin au volant d’un tracteur

L’évolution de Gabin est intéressante, vraiment subtilement montrée dans la forme aussi. Rien n’est dit que les enchaînements de séquences, mais une coiffure, un détail suffisent à montrer que Gabin a pris une nouvelle année, qu’il aborde une nouvelle étape de sa vie de jeune homme, de sa détermination à devenir fermier et s’entourer d’animaux vivants – il se forme un temps à élever des chiens de bergers-. 

Si le propos n’a rien de fondamentalement innovant – suivre un être qui grandit et s’affirme au fil des ans à déjà été fait par la formidable série documentaire Que deviendront-ils ? de Michel Fresnel dans les années 1980 à la Tv ou par Sébastien Lifschitz pour Adolescentes -, le soin qu’y apporte Maxime Voiseux dans la réalisation mérite d’être souligné. Les cadres et les images de la campagne picarde sont somptueux – bravo au chef op – et la révélation psychologique de la sensibilité de Gabin est montré avec une finesse particulièrement émouvante. 

Un seul bémol : pourquoi ne pas utiliser cette patience à filmer, à révéler des profils moins attendus qu’un fils de paysan qui veut être paysan ? 

Documentaire de Maxence Voiseux avec Gabin, Patricia et  Dominique Jourdel
2026-France/Suisse/Allemagne-1h45

Gabin de Maxence Voiseux est révélé le jeudi 14 mai 2026 à la Quinzaine des Cinéastes. Sa date de sortie est fixée au 18 novembre 2026. 

Quitter la version mobile