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Aline

Valérie Lemercier revient avec une bonne idée et un bon film : Aline. Une sorte de biopic qu’elle consacre à Céline Dion. Épatant.

Copie non conforme

Faut-il adorer Céline Dion pour apprécier Aline, le nouveau film de Valérie Lemercier ? Not at all! Faut-il connaître ses chansons ? Non plus. Il faut juste se laisser aller au plaisir de découvrir comment la quatorzième enfant d’une famille québécoise religieuse et pauvre va conquérir le monde grâce à sa voix.

Aline (Valérie Lemercier) entourée de sa maman ( Danielle Fichaud) et de son impressario Guy-Claude (Sylvain Marcel), à Paris

Ici, Céline Dion s’appelle Aline Dieu et elle prend corps dans celui de Valérie Lemercier,  et cela dès son plus jeune âge. Ce qui est à la fois amusant et maladroit, suivant les scènes.

Aline ou l’histoire d’une fille ben ordinaire

La vie de Céline Dion a fait les choux gras des magazines people du monde entier, ses succès aussi. Moins son enfance même si sa mère, omniprésente, s’est largement répandue dans les médias elle-aussi. Aline est à la fois un moyen de vous mettre à jour et une interprétation très « Lemercienne » du personnage et la chanteuse.

Aline (Valérie Lemercier) se marie. Son père Anglomard Dieu (Roc Lafortune)

Valérie Lemercier annonce sa lecture, son point de vue dès le générique. On y voit Aline Dieu dormant avec deux enfants dans un immense lit blanc, un casque sur les oreilles. La musique diffusée est un petit gars ben Ordinaire chantée par Robert Charlebois et gardez bien ça en tête. Aline Dieu est une fille bien ordinaire à qui il est arrivé l’Extraordinaire.

Aline ou une histoire de famille

Par un flash-back, le film revient alors à la famille Dieu, de ses débuts jusqu’à l’arrivée de son quatorzième enfant : Aline. La famille a l’habitude de chanter ensemble et en chœur dans les mariages ou les fêtes de village. Enfant, Aline impose déjà une voix et un talent d’interprétation qui ne va pas longtemps se limiter aux fêtes paroissiales québécoises.

Sylvette Dieu ( Danielle Fichaud) le premier mentor d’Aline

Comme le ferait une équipe soudée, la famille décide d’envoyer une cassette où Aline, 12 ans, chante,  à un grand producteur de musique québécois, en pleine décrépitude. Grâce à cette voix hors norme, Guy-Claude voit l’occasion de se refaire et de construire de toutes pièces un talent. Il a raison : la carrière d’Aline explose. Coachée par Guy-Claude et sa mère, omniprésente, Aline peine à prendre son autonomie mais brille dans le monde entier. La suite est plus connue. Elle est très bien racontée dans le film même si c’est sans doute la partie la moins bien menée. On n’ y reviendra pas.

Au sommet

Valérie Lemercier ne cherche pas à devenir Céline Dion mais à en offrir son interprétation : celle d’une fan, admirative de la manière dont cette petite fille ben ordinaire mais ben talentueuse s’est hissée à force d’ambition et d’amour sur le toit du monde de la chanson populaire, dans les plus grandes salles mais aussi en résidence permanente à Las Vegas.

Aline avec Guy-Claude dans la gestion de son emploi du temps dément

 

Elle raconte aussi beaucoup et de manière très touchante la solitude de l’artiste. Une des scènes des plus émouvantes restera la promenade au petit matin d’Aline sur le Strip de Las Vegas parmi les sosies d’Elvis… sur la chanson Going to a town de Rufus Wainwright. C’est d’ailleurs une des autres bonnes idées du film : ne pas se limiter au répertoire de Céline Dion, même s’il est très bien servi.

Une interprétation haut de gamme

L’autre réussite est la prestation de Tous les acteurs. Certes, on peut louer celle de Valérie Lemercier qui parvient à donner corps à Céline Dion sans réellement l’imiter, sans la moquer non plus. Mais, tous les acteurs québécois pour la plupart sont excellents, époustouflants même comme l’est Danielle Fichaud qui joue sa mère ou Sylvain Marcel qui interprète Guy-Claude.

Sur scène

Et que dire de la formidable Victoria Sio qui interprète toutes les chansons d’Aline? Ce faux biopic est en tout points une réussite qui devrait enchanter cette fin d’année 2021, morose pour le cinéma mais formidablement bien tenue par les réalisatrices? Une de plus!

De et avec Valérie Lemercier, Danielle Fichaud, Sylvain Marcel, Antoine Vézina, Jean-Noël Brouté…

2019- France/Québec- 2h03

©Jean-Marie Leroy- Rectangle Productions/Gaumont/TF1 Films Production/De l’huile/Pcf Aline Le Film Inc./Belga Productions
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