Le 1er janvier 2027, un malus parité remplacera les bonus des subventions mis en place en 2019. Parce que la place des femmes au cinéma rétrograde.
Pourquoi n’embauchez-vous pas de femmes ?
Depuis 2019, ont été mis en place des bonus dits de parité. Ils majoraient les subventions aux films qui employaient un certain nombre de femmes en tant que chefs de poste. Leur nombre a changé au fil du temps, le dispositif s’était affiné. Mais le constat est sans appel : ça n’a pas suffit à favoriser l’emploi des femmes au cinéma, notamment sur les grandes productions.
« Le bonus parité a atteint ses limites. Les chiffres ne sont pas bons et sont au niveau de 2019, c’est-à-dire avant la mise en place du dispositif », a expliqué Gaëtan Bruel, le président du CNC lors d’une prise de parole le 18 mai 2026 au Festival de Cannes. Moins de 25% des films en France sont aujourd’hui réalisés par des femmes – cette proportion étant considéré comme l’indicateur-phare de cette politique incitative-. Il fallait donc réagir et jeter les bases d’une nouvelle étape pour favoriser la parité du secteur.
Une parité voulue
A partir du 1er janvier 2027, sera progressivement mis en place un malus pour ceux qui n’intégreraient pas suffisamment de femmes dans leurs projets. « Nous entrons dans une nouvelle phase, a annoncé Gaëtan Bruel. Nous allons continuer à sensibiliser, à convaincre, à valoriser les productions exemplaires, mais nous allons réduire notre soutien aux projets trop éloignés de cet objectif. Cette mesure intransigeante du malus sera mise en œuvre progressivement, a-t-il poursuivi. La parité ne doit plus être une heureuse surprise mais un réflexe naturel. Nous ne pouvons être à la traîne par rapport au public et entretenir les contradictions entre ce qu’on voit à l’écran et la société. C’est devenu insupportable ! ».
Ce malus concernera l’ensemble des films agréés par le CNC. Il sera calculé sur 15 postes dont ceux de scénariste et de compositrice de musique de films. Il s’appliquera si moins de 3 femmes sont retenus en chef de poste sur un projet en 2027 puis progressivement moins de 6 en 2030. « Le taux applicable reste en discussion, a précisé Gaëtan Bruel, mais sera fixé d’ici le 1er janvier prochain. Cette contrainte est la seule solution souhaitable, a-t-il ajouté en concluant, « La seule question qui vaille sera désormais : pourquoi n’embauchez-vous pas de femmes ? Au lieu de demander pourquoi vous en embauchez.»
Quelques bonnes nouvelles
Cette inversion du point de vue ne doit pas masquer les autres bonnes nouvelles à savoir :
- La réussite et succès du cinéma des femmes
- La féminisation globale du secteur
- Les plus de 25 000 professionnels formés aux VSS
- Les 43% versés à des projets portés par des femmes dans le cadre des Aides au cinéma du monde
- Les 40% de films de France Télévision (co)-réalisés par des femmes dont 11 sélectionnés au 79e Festival de Cannes
Gaëtan Bruel a ensuite rappelé les deux exigences de sa politique : la fermeté absolue face aux violences et aux discriminations et la liberté de création à savoir qui a le droit de raconter des histoires. Et c’est désormais entendu que les femmes doivent y prendre vraiment leur part.
