Un homme pressé

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L’homme pressé, c’est Fabrice Luchini qui fait un AVC. Ce qui met sa carrière de cadre supérieur en péril. Et si cet AVC était la chance de sa vie ? Voilà le propos du premier film en solo d’Hervé Mimram. Bon…

Retour à la vraie vie

N’en déplaise à nos dirigeants, la vie en entreprise est devenu un enfer, un univers sans foi ni loi. Peu de films français traitent pourtant du sujet. Sans doute parce que notre cinéma national aime à s’inspirer du vécu de ceux qui le font, et qu’ils ont rarement derrière une carrière longue en entreprise.

Un homme pressé d'Hervé Mimram - Cine-Woman

Fabrice Luchini est Alain Wapler, un cadre supérieur de l’industrie automobile

Surtout à des postes à responsabilité, les plus exposés à la pression. Et puis, le public n’est pas tellement friand de retrouver à l’écran ce qu’il fuit : son quotidien au travail. C’est dommage car l’entreprise est un merveilleux terrain de fiction, encore plus depuis que la vie s’y est tendue.

Dans le monde cruel des cadres supérieurs

Hervé Mintam, ancien comparse en réalisation de Géraldine Nakache sur l’énergisant Tout ce qui brille et l’oubliable Nous York, a pioché dans un article de journal, puis dans un livre sa nouvelle inspiration. Un cadre de l’entreprise Peugeot avait, sous la pression, fait, comme le héros d’un Homme pressé, un AVC.

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Fabrice Luchini (Alain Wapler) est l’homme pressé

En raison de ses énormes responsabilités, il avait cherché à en dissimuler les effets à sa hiérarchie. Mais la supercherie n’avait pas duré bien longtemps et conduit à son licenciement. A un nouveau départ ? Peut-être. C’est en tous cas le chemin qu’a choisi d’explorer Hervé Mintam.

L’homme pressé terrassé

Alain Wapler est le nº 2 d’une entreprise automobile en quête d’un nouveau souffle. La solution pour sauver la boite, Wapler la connaît : il s’agit de lancer un nouveau modèle électrique haut de gamme, celui qu’il peaufine depuis tant d’années.

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L’homme pressé à l’arrêt

Mais, à la veille d’en annoncer la primeur au Salon de Genève, Wapler est rattrapé par sa vie trépidante. Il fait un AVC (pas un burn out) qui l’empêche de s’exprimer correctement.
L’enjeu est trop fort. Plutôt que de s’attarder à l’hôpital et en rééducation, il choisit de défier la maladie et la nature. Mais le peut-il?

Un homme empêché

Dans un discours résolument positif, Hervé Minram choisit de donner un nouveau sens à la vie de son héros déchu. C’est un battant, il s’en remettra. Le réalisateur a même tendance à gommer ses éventuelles difficultés ou remises en cause, se bornant à traiter de ses défauts de langage et de sa relation enthousiasmante avec son orthophoniste.

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Fabrice Luchini (Alain Wapler) renoue avec sa fille (Rebecca Mader)

C’est donc un peu léger. Même s’il ajoute, de manière artificielle, une relation avec sa fille brillante et vaillante étudiante à Sciences Po.

Un duo d’acteurs

Heureusement, il a confié les deux rôles principaux à Fabrice Luchini qui a la sagesse ici de ne pas cabotiner. L’autre revient à Leila Bekhti, qui donne le change en orthophoniste gourmande.

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Alain Wapler (Fabrice Luchini) et son orthophoniste (Leila Bekhti)

Luchini tient sans problème le rôle de ce père aphasique. Lui qui manie le verbe avec le talent qu’on lui connaît butte sur chacun des mots, mélange savamment les syllabes dans un charabia, comique au début. Il le fait avec un naturel tellement déconcertant qu’on ne peut que regretter qu’il n’ait pas autre chose à jouer !

Un homme pressé pas assez bossé

Un homme pressé est un film fainéant, m’a glissé une experte. C’est vrai et c’est son défaut principal.

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Cours particulier de diction entre Leila Bekhti, l’orthophoniste, et Fabrice Luchini, victime d’AVC

Avec un scénario plus soigné, des interactions plus intimes entre les personnages et surtout une résolution plus travaillée -là, l’idée de la rando tombe vraiment comme un cheveu sur la soupe ( pourquoi Compostelle?), Un homme pressé – au titre ambigu mais faible -aurait pu être bien plus qu’il n’est en l’état. Un objet pas désagréable, qu’on n’a pas envie de déconseiller mais pas de recommander plus que ça non plus. Sans surprise.

D’Hervé Mimram, avec Fabrice Luchini, Leïla Bekhti, Rebacca Marder, Igor Gotesman…

2018 – France – 1h40

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