La femme au tableau

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La femme au tableau raconte l’histoire vraie de deux femmes. Celle d’Adèle Bloch Bauer, qui fut peinte par Klimt dans le célèbre Portrait doré puis confisqué par les nazis à la famille de Maria Altman, sa nièce. Et comment celle-ci réussit à le récupérer. Historique et intéressant.

Dames en or

Il a fallu que sa sœur meure pour que Maria Altmann (Helen Mirren) accepte de régler ses comptes avec son passé.

Retour sur un passé glorieux et douloureux

Issue d’une famille viennoise extrêmement riche et influente, Maria a aussi le malheur d’être née juive au début du XXe siècle. En 1938 dans la capitale autrichienne,  la menace est brutale et forte. A peine mariée à un chanteur d’opéra, elle doit fuir pour sauver sa peau, en laissant tout derrière elle : ses parents, son somptueux appartement, leurs peintures etc.

La femme au tableau de Simon Curtis

Portrait d’Adèle Bloch Bauer par Gustav Klimt

Quand le film commence, Maria a environ 70 ans. Elle habite Los Angeles et vient d’enterrer sa sœur. Elle se penche sur leurs souvenirs communs et repense à une de leurs tantes qu’elle adorait et au portrait qu’en avait dessiné le peintre Gustav Klimt. Il s’agit d’ailleurs d’un de ses tableaux les plus célèbres, le « Portrait doré » qui trône désormais dans le plus grand musée de Vienne.

La femme au tableau, une histoire d’héritage

Maria décide d’engager un jeune avocat à la carrière chaotique, mais juif comme elle et descendant du compositeur Schoenberg, pour essayer de récupérer ce tableau.

La femme au tableau de Simon Curtis

Ryan Reynolds (Randol) et Helen Mirren (Maria )

Randol Schoenberg (Ryan Reynolds), d’abord hésitant, finit par tout tenter,pour obtenir gain de cause. Il va même jusqu’à intenter un procès au gouvernement autrichien !

Reconnaissances

Plusieurs films (L’antiquaire de François Margolin (intéressant) ou le très mauvais The Monuments Men de George Clooney…) ont déjà été faits sur la spoliation puis la récupération des biens juifs par les nazis pendant la guerre.

La femme au tableau de Simon Curtis

Le portrait d’Adèle Bloch Bauer, Helen Mirren (Maria) et Ryan Reynolds (Randol)

La femme au tableau a l’intérêt de reposer entièrement sur un tableau très célèbre et emblématique de l’âge d’or viennois, de mêler affection familiale et histoire de l’art. D’ailleurs, le tableau changera de nom après cette aventure pour porter celui du Portrait d’Adèle Bloch-Bauer, une autre reconnaissance. Enfin, le film oppose un David contre Goliath surpuissant, un atout scénaristique dans les films internationaux.

La femme au tableau : une histoire riche, une réalisation pauvre

C’est vrai que les deux personnages principaux finissent par devenir sympathiques. Leurs douleurs, leurs histoires donnent envie qu’ils triomphent de cette injustice historique.

La femme au tableau de Simon Curtis

Randol (Ryan Reynolds) et Maria (Helen Mirren) aux archives de Vienne

En revanche, Simon Curtis, le metteur en scène anglais dépasse sa fascination pour les grandes rencontres – My week with Marilyn, où il racontait la vie d’un stagiaire sur le tournage du Prince et de la danseuse -. Et qu’il se casse la tête pour donner une épaisseur réelle à son film.

Une histoire d’or et d’argent

Certes, l’histoire est intéressante. Mais ce montage parallèle et paradoxalement linéaire, qui revient sur ces souvenirs est d’une banalité affligeante… Sans parler de la manière dont Randol trouve un intérêt soudain à cette histoire ou dont le film devient finalement une bataille juridique comme une autre.

La femme au tableau de Simon Curtis

Ryan Reynolds (Randol), Helen Mirren (Maria) et Daniel Brühl (Hubertus Czernin)

Il faudra donc se contenter du sujet – l’histoire incroyable de ce tableau depuis Klimt jusqu’à New York-. Et de l’aimable excentricité que donne Helen Mirren à cette vieille femme très digne qui finit toutefois par vendre ce tableau à un prix record!

De Simon Curtis avec Helen Mirren, Ryan Reynolds, Daniel Brühl…

2015 – Grande-Bretagne – 1h50

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