Spring Breakers

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D’Harmony Korine 

4 nanas sexy mais fauchées se désespèrent dans les couloirs vides de leur université. Elles ont eu beau économiser, elles n’ont pas de quoi partir en spring break. Aux Etats-Unis, le Spring Break est une institution, l’exutoire nécessaire à des étudiants d’habitude concentrés sur leur scolarité ou occupés à gagner de quoi payer leurs études. Durant cette fameuse semaine de vacances, tout, absolument tout, est permis : la boisson, les filles/les mecs, la défonce et la fiesta non stop sur de la musique électro hyper formatée, le tout dans une station balnéaire au soleil du Mexique ou de la Floride.

Pour trouver l’argent nécessaire, les 4 pétroleuses braquent un fast-food. En Floride, où elles en profitent un max puis se font serrées par les flics lors d’une soirée. Le lendemain, à leur grande surprise, un caïd du coin, paie leur caution pour les libérer… Ah si la vie pouvait être un éternel spring break !

Bikinis fluos

Cinéaste expérimental, culte sous le manteau mais inconnu du grand public, Harmony Korine tient ici son premier film à visée commerciale. Il ne s’en cache pas. « Ce serait excitant que beaucoup de gens voient un film comme celui-ci », reconnaît-il. 

4 filles en bikini en prison

Ce ne serait pas très étonnant. La campagne d’affichage a été généreuse et sans doute efficace : quatre bombes en maillots de bains fluo et aux poses suggestives, dont ex- trois héroïnes Disney à la popularité forte, Vanessa Hudgens (High School Musical), Selena Gomez (Hannah Montana), Ashley Benson (Les mystères d’Eastwick). Et un bad boy interprété par un James Franco méconnaissable, mais toujours subtil.

Malgré ce martellement marketing, le film reste dans la ligne de ce que Korine sait faire : gratter la société américaine moyenne, intégrée où elle dérape, le fameux « white trash » qu’il explore mieux que personne, avec une caméra agile et sans jamais juger ses personnages. Même s’ils franchissent toutes les limites acceptables.

Cela reste sulfureux, très ancré dans l’image « teen pop » qu’on vend d’habitude sirupeuse (ici, c’est tout le contraire) mais sans doute moins profond, car moins sincère que ses films précédents. « La première chose qui m’est venue à l’esprit, c’est l’image de jolies filles en bikini brandissant des flingues », avoue Harmony Korine. C’est aussi celle qui reste du film…

Avec Vanessa Hudgens, Selena Gomez, Ashley Benson, Rachel Korine, James Franco

2012 – USA – 1h32

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