Argo

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de Ben Affleck

Les moins jeunes d’entre vous se souviendront sans doute de cet événement marquant : le 4 novembre 1979, tous les employés de l’Ambassade américaine à Téhéran, en Iran, sont pris en otage par des activistes de la Révolution iranienne alors en cours. Ils resteront détenus pendant 444 jours. Tous ? Non, six d’entre eux réussissent à s’enfuir et à se réfugier à l’Ambassade du Canada.

La CIA, aux Etats-Unis, prend vite conscience que le destin de ces six ressortissants risque d’être tragique si elle ne réussit pas à les évacuer au plus vite. L’opération est toutefois extrêmement délicate, les Etats-Unis étant à juste titre accusés par les Iraniens, de leur avoir imposer la dictature du Shah et d’avoir protéger sa fuite, quand il a été renversé. Ce qu’ils ne leur pardonnent pas. Un spécialiste de l’exfiltration, Tony Mendez, propose alors une opération dingue, baptisée Argo. Tellement dingue qu’elle ne peut exister qu’au cinéma !

Loufoque

On ne reconnaît pas tout de suite Ben Affleck qui, avec une barbe fourni et un look très seventies, joue Tony Mendez. Avouons-le tout de suite, ce nouveau rôle lui va très bien. Son nouveau look donne à cet acteur fade, une épaisseur inédite. Et ce n’est pas la moindre bonne nouvelle de ce film au suspens haletant et bien maitrisé. Inspiré d’une histoire vraie, que l’on a un peu oublié depuis et qui fut longtemps tenue au secret, Argo raconte par le menu la puissance de feu des services secrets américains quand il s’agit de sauver leurs ressortissants. Tout semble possible et l’idée la plus folle peut s’avérer la plus salvatrice ! Mais, pas seulement ! C’est aussi celle qu’une nation toute entière est prête à mettre en œuvre pour sauver ne serait-ce qu’un seul d’entre eux, chacun y contribuant avec son talent et à sa mesure.

Et justement, là où Ben Affleck, le réalisateur cette fois, est subtil, c’est que ce patriotisme latent n’est jamais abordé frontalement, mais toujours sous-entendu. Lui préfère privilégier l’action et le suspens pour nous plonger au cœur de cet enjeu géopolitique. Du coup, on se passionne pour cette histoire loufoque…. Jusqu’à l’ultime scène, totalement superflue, où Ben Affleck ne peut s’empêcher de jouer le père de famille idéal. A part cette maladresse (qu’on en a plus que marre de pardonner !), le film vaut vraiment le détour et hisse Ben Affleck dans la cour des réalisateurs américains à surveiller. De très près.

Avec Ben Affleck, Bryan Cranston, Alan Arkin, John Goodman…

2012– USA – 1h59  


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