Crazy Amy

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Crazy Amy Schumer ! C’est en l’entendant raconter sa vie sexuelle à la radio que Judd Apatow a décidé de l’adapter au cinéma. Et ça dépote!

Une fille pas ordinaire

« La monogamie n’est pas réaliste ». Depuis qu’elle a fait sien le précepte que son père lui a tant asséné enfant, Amy, une blonde pêchue et un peu dodue, mène la vie sexuelle qu’on attribue habituellement à un homme : elle passe d’un coup d’un soir à un autre, consomme du sexe dès que l’occasion se présente. Jamais elle ne s’attache.

Le sport, pas en chambre !

Jusqu’au jour où la rédactrice en chef du magazine masculin où elle travaille l’envoie faire le portrait d’un médecin sportif, elle qui déteste et méprise le sport.

Crazy Amy

Amy les aime musclés!

Ok, la comédie (romantique) où deux antagonistes finissent par ensemble est un classique de la comédie américaine. Mais cette Crazy Amy est une sacrée nature qui donne un ton nouveau à ce genre-là. Pourquoi ?

Une nature

Parce que c’est la vraie nature de l’actrice Amy Schumer que le réalisateur Judd Apatow a d’abord entendu parler à la radio avant de s’inspirer de sa vie.

Amy Schumer dans Crazy Amy

Amy Schumer à gauche

Parce qu’Amy n’a pas vraiment de limites et donc pas de jugement sur son personnage et un mauvais goût assumé pour tous les mecs qui ne seront jamais « dangereux » pour elle, c’est-à-dire pour ceux qui sont difficilement aim-ables, bref pour tous ceux qui ne donnent pas du tout envie d’en tomber amoureuse.

Apparences trompeuses

Parce que sa rédactrice en chef, l’inénarrable Tilda Swinton, superbe new-yorkaise hautaine, à l’accent indéfinissable et particulièrement redoutable, représente un autre type de « bitch » pas plus enviable (mais beaucoup plus élégante).

Tilda Swinton dans Crazy Amy

Tilda Swinton

Parce que Judd Apatow, qui continue toutefois à sonder l’intimité américaine, évite de se répéter en traitant pour la énième fois de la faiblesse et de la lâcheté masculines et vise cette fois l’autre moitié de l’humanité avec une certaine pertinence et qu’il trouve en Amy Schumer l’interprète idéale.

Sans préjugés

Parce que, pour une fois, une comédie de Judd Apatow (que je ne vénère pas , loin de là) ne finit pas en apologie de la famille américaine (quoique !), même s’il ne peut s’empêcher de vanter le couple, pas vraiment conventionnel, mais disons « normal ».

Crazy Amy

Amy Schumer et Bill Hader

Parce que le film se moque à un même niveau de l’immoralité d’un père/mari infidèle, des sportifs, des « insatisfaits amoureux », et de « ceux qui ont peur de s’engager ».

Frais !

Parce que le film n’échappe ni aux clichés, ni à la caricature et que Judd Apatow s’en sert justement pour en rire sans trop les juger.

Crazy Amy

Amy Schumer et Bill Hader

Parce qu’enfin, en inversant les rôles habituels – l’homme infidèle, la femme amoureuse- , le ressort de cette comédie très sentimentale innove et finit par toucher une réalité souvent ignorée au cinéma.

Crazy Amy, une fille d’aujourd’hui

Bref, Amy rompt avec les préjugés (et les castings) habituels, joue avec les limites (l’alcool, la drogue, les comportements outranciers…) et offre un réjouissant portrait d’une fille marrante, aimant la vie, ni jolie, ni moche, mais plus intelligente que ceux qui la challengent ou plus originale que la normalité habituelle vers laquelle tendent toujours les héroïnes américaines.

De Judd Apatow, avec Amy Schumer, Bill Hader, Brie Larson, Colin Quinn…

2015 – USA – 2h05

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