Après la guerre

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Après la guerre, le premier film d’Annarita Zambrano, revient sur ces combattants de lutte armée d’extrême-gauche italienne qui avaient trouvé refuge et protection en France jusqu’à un brutal revirement politique à leur égard en 2002.

Retour en clandestinité

Après la guerre des années de plomb, qui a mis l’Italie des 1970 à feu et à sang, certains combattants de la lutte armée d’extrême-gauche sont venus vivre en France. François Mitterrand leur avait accordé la protection. Ils y ont bénéficié d’une totale liberté et ont échappé à l’extradition, à condition qu’ils rendent les armes et qu’ils mènent une vie normale.

Après la guerre d'Annarita Zambrano - Cine-Woman

Le retour de la grève politique à l’Université de Bologne

C’est le cas de Mario accusé d’avoir tué un juge pour son mouvement gauchiste d’alors et qui a refait sa vie en France. Ici, il a eu une fille aujourd’hui adolescente. Il n’a jamais remis les pieds en Italie et n’a jamais revu sa famille.

Après la guerre , la famille

Vingt ans plus tard, à cause d’un assassinat revendiqué par son ancien mouvement à Bologne, sa vie est à nouveau menacé. Un de ses amis vient d’être extradé. Il doit à tout prix organiser sa fuite s’il veut survivre. Et il impose à sa fille de le suivre. Elle ne le veut pas.

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Charlotte Cétaire (Viola) et Giuseppe Battiston (Marco)

A vrai dire, ce n’est pas tant à Mario que Annarita Zambrano s’intéresse mais plutôt à sa famille. Aux dommages collatéraux que son engagement politique violent et sa clandestinité ont provoqué chez eux. Elle passe ainsi de sa famille italienne, sa mère, sa sœur mariée à un juge, qui se retrouvent marginalisés pour être des proches. Et cela sans entretenir le moindre contact avec lui depuis plus de 20 ans.

Après la guerre, un dilemme sans fin

Puis, elle revient sans cesse à sa fille adolescente, dont la mère a disparu et qui se retrouve du jour au lendemain privée de lycée, de sport, d’amies, de fringues et de contacts extérieurs. Elle est déjà trop adulte et trop indépendante pour le supporter. Il refuse d’accorder à quiconque la moindre pitié.

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Elisabetta Piccolomini (Teresa) et Barbara Bobulova (Anna)

Le dilemme est intéressant et Annarita Zambrano se garde bien de le trancher. Les questions soulevées restent donc entières: doit-on payer toute sa vie ses erreurs de jeunesse? Un état de droit peut-il continuer à poursuivre un crime commis durant un état de guerre? La famille mérite-t-elle de subir les conséquences des actes de l’un des siens alors qu’elle n’a jamais adhéré à ses thèses et n’a jamais cherché à le soutenir?

Dommages collatéraux

Tout est abordé avec ce certain regard qui est celui qui subit les effets d’un acte qu’il n’a pas commis. Pourquoi pas? Et le film reste une fiction, certes, inspirée de faits réels et du plus célèbre de ces italiens réfugiés en France Cesare Battisti, qui a depuis pris le large et fuit au Brésil. Savoir si sa cause était juste est un autre débat que ne pose pas le film. Mais qui le hante tout du long.

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Giuseppe battiston (Marco) et Charlotte Cétaire (Viola)

La réalisation en revanche laisse franchement à désirer. En plus de facilités scénaristiques malvenues, la construction en montage parallèle systématique entre la famille italienne et française est déséquilibrée et maladroite.

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Charlotte Cétaire (Viola)

La cohabitation entre le père et la fille est ennuyeuse, longue et trop irrationnelle pour être intéressante. L’ensemble est aussi assez mal filmé, daté et mal éclairé. Ce qui pénalise un sujet intéressant  mais qui manque de souffle pour être passionnant.

D’Annarita Zambrano, avec Giuseppe Battiston, Barbara Bobulova, Charlotte Cétaire, Jean-Marc Barr, Marilyne Canto…

2017 – France/Italie – 1h33

Après la guerre d’Annarita Zambrano est présenté le mardi 23 mai dans la sélection officielle Un certain regard. Sortie française non datée.

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